Kamel Louafi, architecte-paysagiste de renommée internationale, présente ses œuvres à Strasbourg jusqu’au 6 décembre 2025. L’exposition Jardins de Méditerranée lui consacre un espace complet. « Le jardinier nomade » y propose un voyage en neuf panneaux. Il y dévoile des édens de verdure « entre Orient et Occident », conçus aux quatre coins du monde.
« Ces jardins sont inspirés des arabesques, ces ornements venant de la culture arabe… », explique-t-il. Ce Batnéen de 73 ans, installé à Berlin, est aujourd’hui une figure incontournable du paysage contemporain.
Une œuvre monumentale
« Les jardins de l’exposition universelle de 2000 à Hanovre, les jardins de la mosquée Cheikh Zayed Bin Sultan Al Nahyan à Abu Dhabi, le parc Ziban Palmeraie à Biskra… » La liste de ses créations est longue. Kamel Louafi a imaginé des dizaines d’espaces verts. Ils font désormais respirer des villes européennes et arabes.
Ainsi, près de 3 millions de m² de jardins sont présentés à Strasbourg dans le cadre de Jardins de Méditerranée. Cet ensemble illustre l’ampleur de son travail.
Des arabesques multirécompensées
Dans son exposition Voyage des arabesques, pensée comme « la rencontre de l’Orient et de l’Occident », l’artiste met en avant neuf réalisations majeures. Cette présentation conduit le visiteur des paysages semi-arides de son Aurès natal aux jardins verdoyants d’Allemagne.

L’un des moments essentiels reste les jardins de l’Exposition universelle d’Hanovre (2000). Ce projet lui a offert sa première distinction internationale : l’ELCA Trend Award. Plus tard, en 2023, il a aussi reçu la Croix fédérale du Mérite, remise par le président Frank-Walter Steinmeier.
« La plus importante de mes distinctions reste le prix national algérien d’architecture et d’urbanisme remis en 2022 par le président Abdelmadjid Tebboune », confie-t-il. Cette récompense honore l’ensemble de son œuvre. Elle salue surtout la création du jardin islamique oriental de Berlin, un espace rectangulaire inspiré de l’Alhambra.

Un « jardinier nomade » tourné vers l’avenir
Après Strasbourg, « le jardinier nomade » prendra la direction de Barcelone. La ville sera capitale mondiale de l’architecture en 2026. Il participera au congrès de l’Union internationale des architectes.
Sélectionné parmi 15 paysagistes dans le monde, l’Algéro-Allemand y présentera de nouveau ses projets. Par ailleurs, il défendra son idée d’un dialogue constant entre paysages et cultures.
