Ils étaient nombreux dans le grand amphithéâtre de l’Institut du monde arabe pour découvrir le nouveau projet de Kamel Benani, Malouf World Music. Sur scène, l’artiste a accueilli cette attente avec une émotion assumée. Il a confié à Dzdia sa joie de retrouver une salle aussi présente : « Je suis ravi d’être avec vous ce soir et de la présence du public venu soutenir ce nouveau projet ».
Kamel Benani et une éducation musicale familiale
Pour comprendre la portée du concert, il suffit de regarder le chemin parcouru par Kamel Benani. Artiste algérien reconnu, chanteur, compositeur et musicien, il s’inscrit depuis ses débuts dans la lignée des grands noms de la musique arabo-andalouse. Fils de Hamdi Benani, il a grandi au contact d’un héritage artistique exigeant.
Son rapport à la musique est précoce : piano dès 6 ans, guitare à 8 ans, puis formation au conservatoire. Il étudie le solfège et affine progressivement son jeu, tout en développant une grande maîtrise instrumentale. Luth, violon, mondole, banjo, mandoline ou percussions : Kamel Benani s’est approprié plusieurs familles d’instruments. Ce qui nourrit aujourd’hui toute la richesse de ses compositions.
Un artiste formé sur scène aux côtés de Hamdi Benani
Le lien avec son père reste essentiel dans son histoire. À Dzdia, il revient sur cette période avec émotion : « À partir de 1993, quand j’étais encore étudiant, j’ai commencé à rejoindre mon père sur scène pendant les vacances. J’ai beaucoup appris aussi avec mon oncle Ali Benani. Avec mon père, ce n’était pas seulement un lien familial, c’était un professeur, c’était ma moitié ».
Ainsi, aux côtés du légendaire « ange blanc », il découvre les réalités de la scène, des galas et des concerts. Une immersion qui lui donne un regard unique sur le Malouf et ses possibilités.
Le projet Malouf World Music de Kamel Benani présenté à l’IMA
Avec son nouveau projet Malouf World Music, Kamel Benani propose un voyage sonore qui étend le Malouf bien au-delà de ses codes habituels. Sur scène, l’orchestre offre un jeu subtil où les sonorités arabo-andalouses s’ouvrent à d’autres styles. Le public découvre un medley pensé comme une traversée musicale multiple.
« Ce projet fait voyager le Malouf à travers le monde. Notre patrimoine peut dépasser toutes les frontières, même en arabe littéraire ou dialectal, et c’est pour ça qu’on a lancé ce concept », explique-t-il à Dzdia.
Il détaille également la variété des influences : « Dans ce medley, on retrouve du rock, du jazz, du jazz manouche, du baroque, du blues, du flamenco, de la country, de la musique turque. Nous voulions montrer que la musique n’a pas de limite ».
Une vision construite par la recherche musicale et l’ouverture
Au fil des années, Kamel Benani a aussi consolidé son approche grâce à une formation continue et à une grande curiosité artistique. Il enseigne également la musique, transmettant à son tour un savoir acquis au fil de longues années de pratique.
Malouf World Music s’inscrit dans cette idée d’ouverture. Lors du concert, Kamel Benani a présenté une version inédite de son titre Nesmet Annaba Flamenco, une œuvre déjà distinguée par un premier prix de la Créativité Musicale en 2023. Son souhait est clair : permettre au Malouf de s’ouvrir à d’autres horizons sans perdre son identité.
Une suite déjà envisagée pour le projet Malouf World Music
Le concert de l’IMA n’est qu’une première étape. L’artiste annonce vouloir donner une seconde vie au projet en Algérie avant de l’emporter plus loin. « Après le concert de l’IMA, on va continuer et perfectionner ce concept pour le porter en Algérie et à travers le monde en 2026 », confirme-t-il à Dzdia.
Ce lancement marque une nouvelle phase dans la carrière de Kamel Benani, qui combine aujourd’hui héritage familial, recherche musicale et ambition internationale. Avec Malouf World Music, il ouvre une nouvelle page et invite le public à suivre cette trajectoire prometteuse.
