La participation d’Ayn Gallery à l’édition 2025 d’Abu Dhabi Art Fair marque une étape significative pour la visibilité de la création algérienne sur la scène artistique du Golfe. Installée entre Paris et Oran, la galerie confirme son ambition de faire circuler les artistes du Maghreb et du Moyen-Orient dans les grands rendez-vous internationaux.
Une première présence remarquée pour Ayn Gallery
Pour sa première apparition à Abu Dhabi Art, Ayn Gallery a conçu un stand articulé autour de la mémoire, du territoire et des récits en transformation. Trois artistes y étaient réunis :
Salim Le Kouaghet, figure importante de la diaspora algérienne en France, dont les installations et graphies interrogent les notions d’exil et de traces



Faïza Djeffal-Tahraoui, artiste oranaise qui revisite tissage, géométrie vernaculaire et geste féminin à travers ses peintures et compositions textiles.



Bilal Bahir, artiste irakien établi en Belgique, dont le travail explore le déplacement, le déracinement et les héritages mésopotamiens.



Cette triangulation Algérie–Maghreb–Moyen-Orient, chère à la fondatrice Yasmine Azzi-Kohlhepp, s’inscrit dans la volonté de faire dialoguer les Suds à travers les arts visuels.
Une présence algérienne plus large dans la foire
Au-delà du stand d’Ayn Gallery, l’Algérie a bénéficié cette année d’une visibilité inédite à Abu Dhabi Art Fair. Plusieurs artistes issus de la diaspora ont été présentés par de grandes galeries internationales :
Rachid Koraïchi (ICON, New York)



Zoulikha Bouabdellah (Galerie Leila Ben Salah, Tunisie)


Nasreddine Bennacer (Galerie Afikaris, Paris)



Hellal Zoubir (Perve Galeria, Lisbonne)


Une attention particulière a également été portée à l’œuvre de Baya Mahieddine, dont trois galeries tunisiennes ont simultanément mis en avant plusieurs pièces majeures. Cette exposition multiple souligne la réintégration progressive de Baya dans les grands récits de la modernité du Sud global.



Ayn Gallery : construire des récits et des circulations
Invitée au talk « Maghreb Now: Galleries & Currents », animé par Meryem Sebti (Diptyk Magazine), Yasmine Kohlhepp-Azzi a mis en lumière le rôle des galeries indépendantes dans la structuration de la scène nord-africaine. Elle y a évoqué :
- l’émergence de nouveaux récits transméditerranéens,
- la place stratégique des galeries dans la circulation des œuvres,
- la création de passerelles entre Maghreb, Europe et Golfe,
- l’importance de l’édition comme outil d’archive et de légitimation.
Les Éditions du Crieur Public, liées à Ayn Gallery, participent à cette dynamique en diffusant à l’international des publications qui assurent une visibilité pérenne aux artistes algériens. Des démarches ont par ailleurs été engagées avec des responsables du patrimoine en Algérie afin de faciliter l’accès aux archives photographiques des musées, une étape cruciale pour documenter la modernité artistique du pays.

Une scène algérienne en plein essor
L’édition 2025 d’Abu Dhabi Art Fair confirme l’affirmation d’une scène artistique algérienne en profonde mutation : mobilité de la diaspora, multiplication des initiatives curatoriales, nouveaux ponts entre continents.
Ayn Gallery, présente dans de nombreuses foires internationales, de l’Afrique du Sud à la Suède en passant par les États-Unis et la France, se positionne comme l’un des acteurs majeurs de cette dynamique.
En contribuant à documenter, accompagner et projeter la création algérienne dans les réseaux de l’art contemporain, la galerie participe activement à l’écriture de récits culturels renouvelés, connectés et résolument transnationaux.

