Invité d’honneur du Conseil Mondial des Algériens (CMDA), l’écrivain Yasmina Khadra a rencontré la diaspora algérienne à Paris au théâtre Le République lors d’une masterclass animée par Karim Zéribi, fondateur du CMDA. Entre anecdotes, confidences et réflexions, l’auteur de Morituri et de Ce que le jour doit à la nuit a livré une conversation dense sur l’Algérie, l’écriture et l’héritage.
Une rencontre avec la diaspora algérienne à Paris
C’est dans une salle comble de 400 personnes que le CMDA a accueilli Yasmina Khadra pour une soirée exceptionnelle. D’ailleurs, l’événement, organisé par le CMDA et animé par Karim Zéribi, s’inscrit dans une série de rencontres qui renforcent le lien entre la diaspora algérienne de France et leur patrimoine culturel.
« Cette soirée restera mémorable, confie Farida Ghezali. L’art oratoire de Karim Zéribi et la générosité de notre invité ont fait de cette rencontre un grand moment. »
Le public, attentif, est venu saluer une figure majeure de la littérature francophone algérienne. Ses œuvres, traduites dans plus de quarante langues, sont aujourd’hui étudiées dans les plus grandes universités.
Redonner souffle à Morituri
Cependant, l’auteur ne s’est pas limité à évoquer son parcours. Lors de cette masterclass, Yasmina Khadra est revenu sur la réédition de Morituri, roman culte des années 1990. À travers ce livre, il peignait à vif la tragédie algérienne.
« En le relisant, j’ai trouvé qu’il manquait beaucoup de choses, confie-t-il à DZDIA. À l’époque, je voulais raconter la tragédie algérienne à chaud. Aujourd’hui, j’ai voulu lui redonner sa cohérence. »
Ces propos ont suscité une vive émotion dans le public, touché par cette relecture lucide et sincère de l’histoire.
Un parcours marqué par l’Algérie et le monde
L’échange avec Karim Zéribi a permis de retracer les grandes étapes de la vie de l’auteur. Né à Kenadsa, dans le sud algérien, fils d’instituteur et ancien officier de l’armée, Yasmina Khadra a évoqué avec émotion ses années dans les forces militaires. Il a aussi parlé de son amour profond pour l’Algérie, ainsi que de son lien constant avec les Algériens du monde entier.
Entre héritage et actualité
Par ailleurs, l’écrivain a évoqué ses projets. Son prochain roman, actuellement en préparation, aura pour toile de fond la Palestine. Ce choix s’inscrit dans la continuité de son œuvre. En effet, Yasmina Khadra fait de l’écriture un acte d’engagement et de mémoire.
Une mission commune : transmettre
Pour le CMDA, cette rencontre s’inscrit dans un travail de fond : rassembler, fédérer et transmettre une mémoire commune au sein de la diaspora.
« Notre mission, explique Farida Ghezali, c’est de construire le réseau des Algériens sur un socle solide et d’assumer notre responsabilité de transmission du lien affectif et indélébile avec l’Algérie. »
Cette soirée n’était pas seulement une rencontre d’auteur. C’était aussi un moment de filiation, de mémoire et d’espoir. Dans la salle, les applaudissements nourris traduisaient la fierté d’un peuple et la permanence d’une voix qui, depuis l’Algérie, continue de parler à tous.
