Souad Asla revient à Paris le 10 avril 2026 pour un concert très attendu par ses fans au Babour Sauvage. La chanteuse algérienne, attachée aux musiques de la Saoura et à la transmission des répertoires du Sud, y présentera un programme nourri de ses influences et de son parcours.
« Je suis très heureuse de retrouver le public de Paris », confie-t-elle.
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Béchar influence le monde
Née à Béchar, aux portes du Sahara, Souad Asla a grandi dans un environnement où la musique occupait une place essentielle. Elle évoque une enfance joyeuse, rythmée par des jeux de création avec ses cousins et nièces, dans une ville sans conservatoire.
Très tôt, elle développe une curiosité pour d’autres pays et pour des styles musicaux venus d’ailleurs. Cette ouverture nourrit ensuite son identité artistique.
Son parcours prend un tournant lorsqu’elle quitte l’Algérie pour la France à 20 ans, après des études scientifiques imposées par sa famille. Par la suite, la musique s’impose réellement dans sa vie grâce à sa rencontre avec Hasna El Bacharia, qui lui propose de devenir sa choriste. Souad Asla l’accompagne pendant dix-sept ans, tout en développant ses propres projets.
La femme comme force centrale
Le rôle des femmes occupe une place essentielle dans l’univers de Souad Asla. Elle explique qu’elles représentent la vie, la mère, la grand-mère et la sœur. Selon elle, il est essentiel de chanter pour Elles. Cette vision traverse ses chansons et son engagement artistique dont Kheiri Ana, Zine Lemma et A lala ya Lalla . La femme y devient une porteuse de mémoire.
Ce choix prend encore plus de sens dans sa volonté de mettre en avant les chants et les pratiques féminines du Sahara algérien. Longtemps, ces expressions sont restées dans des cercles familiaux ou communautaires.
Lemma, un héritage réuni sur scène
C’est dans cette logique qu’est né Lemma, un groupe 100 % féminin fondé par Souad Asla en 2015. Le projet réunit des femmes de différentes générations, issues de la Saoura et du Sud algérien. L’objectif est clair : préserver un matrimoine oral menacé de disparition.

« C’est une façon de sauvegarder le matrimoine féminin de ma région », explique-t-elle.
Le nom « Lemma » renvoie à l’idée de réunion, mais aussi à celle de transmission. Parmi les musiciennes du collectif, on retrouve notamment Zahra, Aïcha et Mariam. Leurs voix participent à faire vivre ce répertoire féminin sur scène.
