Kamel Major franchit une nouvelle étape dans sa carrière, le chef algérien vient d’être intronisé à l’Académie Culinaire de France. Cette distinction récompense plusieurs années de travail et de sacrifices. Élu meilleur jeune chef en Algérie en 2019-2020, il a construit son parcours avec constance, depuis ses débuts à Hussein Dey jusqu’à son expérience dans de grandes maisons françaises. Désormais, cette reconnaissance ouvre la voie à de nouveaux projets, notamment autour d’une cuisine mêlant influences françaises et algériennes.
Une première reconnaissance pour le chef algérien
L’intronisation de Kamel Major à l’Académie Culinaire de France constitue une nouvelle étape dans son parcours. Pour le chef, cette distinction représente avant tout la reconnaissance d’un travail mené depuis de nombreuses années.
« C’est une grande fierté. Derrière cette étoile, il y a des années de travail et de sacrifices », confie-t-il à Dzdia.
La sélection intervient après un processus destiné à évaluer le parcours professionnel et le travail du candidat. Pour Kamel Major, cette reconnaissance a une portée particulière : il est le premier Algérien distingué dans la catégorie cuisine par l’Académie Culinaire de France. L’autre chef Algérien, Hichem Lahreche, avait été distingué l’année précédente dans la catégorie pâtisserie. Au-delà du symbole, cette distinction peut également accompagner ses futurs projets. Il souhaite notamment afficher le tableau de l’Académie à l’entrée de son établissement, afin de renforcer la confiance de ses futurs clients.
De Hussein Dey aux grandes maisons françaises
Avant la France, Kamel Major a construit ses premières expériences en Algérie. Originaire de Hussein Dey, à Alger, il découvre très jeune la cuisine et commence à s’y intéresser sérieusement dès l’âge de 14 ans. La cuisine française occupe rapidement une place importante dans son apprentissage. Il suit les parcours des grands chefs français à la télévision et se forme progressivement auprès de plusieurs maisons à Alger.
« Je ne remercierai jamais assez les chefs avec lesquels j’ai travaillé pour tout ce qu’ils m’ont appris », explique-t-il.
En 2019-2020, son parcours prend une première dimension médiatique lorsqu’il est élu jeune chef. Cette distinction lui permet notamment de recevoir des propositions de chaînes de télévision et de participer à une émission matinale estivale sur l’ENTV. Mais le chef veut continuer à progresser. En 2022, il décide de partir en France pour poursuivre sa formation et renforcer ses compétences dans la gastronomie française.
La France, une nouvelle école
L’arrivée en France marque un nouveau départ. La première année est difficile, notamment en raison des sacrifices nécessaires pour s’installer et se former. Kamel Major choisit néanmoins d’investir dans plusieurs formations et multiplie les expériences professionnelles. Il travaille dans de grandes maisons françaises et découvre l’univers de chefs de renommée internationale. Cette période lui permet de consolider sa technique. Il apprend aussi à mieux répondre aux exigences de la gastronomie française : maîtrise des produits, précision des cuissons, régularité et exigence dans chaque assiette.
« Je n’imaginais même pas pouvoir travailler dans certaines grandes maisons. J’ai rencontré de grands chefs internationaux et j’ai énormément appris à leurs côtés », raconte-t-il.

Depuis 2023, chef à l’Hôtel de France
En 2023, Kamel Major prend son poste à l’Hôtel de France, où il exerce toujours aujourd’hui. L’établissement accueille régulièrement des personnalités, parmi lesquelles des responsables politiques, mais également des touristes venus découvrir la gastronomie française. Le chef y dirige sa propre cuisine.
« C’est un honneur d’accueillir toutes ces personnes. Pour moi, la qualité de l’accueil doit être la même pour une grande personnalité que pour un touriste. »
Parmi les classiques qu’il aime travailler figurent notamment le pâté en croûte et le magret de canard. Cette expérience a également renforcé son identité culinaire. Il affectionne particulièrement le foie gras de canard, le confit de canard et le magret.
La cuisine française comme base, l’Algérie comme héritage
Aujourd’hui, Kamel Major revendique clairement la cuisine française comme base de son travail. Mais son identité algérienne reste au cœur de ses projets. Il souhaite progressivement intégrer davantage d’éléments issus de la culture culinaire algérienne, sans abandonner l’univers de la gastronomie française traditionnelle. Son objectif : créer une cuisine qui puisse raconter les deux cultures sans les opposer.
Cette idée nourrit déjà sa réflexion autour d’un futur restaurant. Pour illustrer cette approche franco-algérienne, le chef cite une association pour le moins inattendue : le bœuf bourguignon et le couscous. Il a déjà testé cette combinaison.
« La sauce du bœuf bourguignon est très généreuse et fonctionne très bien avec la semoule du couscous. C’est magnifique. »
Le couscous reste d’ailleurs son plat algérien préféré, celui qu’il considère comme incontournable.
« Sans l’Algérie, je ne serais pas arrivé là »
Malgré son installation en France et son évolution dans la gastronomie française, Kamel Major insiste sur l’importance de ses racines.
« J’ai étudié en Algérie, j’ai vécu en Algérie. Sans l’Algérie, je ne serais pas arrivé là. »
Aux jeunes Algériens qui le sollicitent sur les réseaux sociaux, Kamel Major transmet un message simple : le travail et la persévérance. Il leur conseille de profiter de leur temps pour apprendre, se former et développer leurs compétences, notamment grâce aux ressources disponibles sur Internet.
« Il ne faut pas s’arrêter, il ne faut pas baisser les bras. Quand on veut, on peut. »
Pour lui, son propre parcours est la preuve que les sacrifices finissent par produire des résultats.
Un restaurant à Paris en préparation
La prochaine étape pourrait être parisienne. Kamel Major travaille actuellement sur un projet qu’il souhaite dévoiler dans les prochains mois. L’idée serait d’ouvrir un restaurant à Paris, dans un emplacement soigneusement choisi, afin de présenter sa propre vision de la cuisine. Un projet qui représente aussi, selon ses mots, « le rêve d’un gosse ».
La cuisine française restera la base de cette future adresse. Les influences algériennes devraient toutefois trouver progressivement leur place dans les assiettes. Après plusieurs années de formation et d’expérience, l’intronisation à l’Académie Culinaire de France marque une nouvelle reconnaissance. Elle ouvre aussi une nouvelle étape dans son parcours. Kamel Major entend désormais transformer cette distinction en opportunités et continuer à construire une signature culinaire à son nom.
« J’espère que la cuisine de Kamel vous plaira », lance-t-il, alors que son prochain chapitre se prépare déjà.
