L’été algérien ne se limite pas aux grandes plages aménagées. Avec près de 1 600 kilomètres de littoral, le pays compte encore des criques discrètes, des plages isolées, des falaises et des îles où les paysages restent largement préservés. Des espaces qui se découvrent davantage pour leur paysage et leur tranquillité que pour leurs équipements touristiques.
De Jijel à Oran, en passant par Tlemcen, Béjaïa, Tipaza, Skikda et El Kala, cette sélection propose sept façons de prendre le large. Il est possible de marcher jusqu’à une crique, partir en bateau, observer des oiseaux ou simplement profiter d’un environnement préservé. Ces escapades demandent toutefois de respecter les règles d’accès et la fragilité des milieux naturels.
Jijel : Aourar, la plage au cœur de la forêt
À l’intérieur de la forêt de Beni Ferguène, dans la wilaya de Jijel, Aourar offre l’image d’un littoral encore peu domestiqué. Les reliefs couverts de végétation semblent rejoindre directement la mer. De plus, l’accès relativement difficile limite la fréquentation du site.
La plage séduit surtout par son atmosphère paisible. La forêt de chênes-lièges borde le sable et crée un décor méditerranéen presque hors du temps. C’est un spot à privilégier pour ceux qui recherchent le calme et une immersion dans la nature plutôt qu’une plage équipée.

Tlemcen: Barbadjani, une baie au pied des falaises
Sur le littoral des Trara, dans l’ouest de la wilaya de Tlemcen, à proximité de Honaïne et de Ghazaouet, Barbadjani se niche dans un environnement particulièrement accidenté. La baie est protégée par d’imposantes falaises qui la préservent en partie des vents et des espaces urbanisés.
Ses eaux limpides et son cadre végétalisé en font un lieu recherché par les amateurs de paysages sauvages. L’accès principalement maritime contribue à préserver son caractère confidentiel. Ici, l’intérêt réside moins dans les infrastructures que dans l’impression d’isolement procurée par la baie.

Béjaïa : Les criques du Cap Carbon, sur les traces du macaque de Barbarie
Autour du Cap Carbon, le littoral béjaoui dévoile une succession de falaises, de sentiers escarpés et de petites criques. La côte se découvre à pied, en suivant les reliefs. Elle peut aussi être explorée depuis la mer, qui permet d’approcher certaines grottes et portions de littoral difficilement accessibles par voie terrestre.
Mais pour beaucoup de visiteurs, l’attraction ne se trouve pas uniquement au bord de l’eau. Le secteur est aussi connu pour la présence du macaque de Barbarie, ou magot, l’un des symboles de la faune sauvage d’Afrique du Nord. Curieux, joueurs et parfois peu farouches, ces singes peuvent être observés dans leur environnement naturel. Toutefois, il est essentiel de garder ses distances et de ne pas les nourrir.

El Kala : Le lac Tonga un été au cœur de la biodiversité
À El Kala, dans l’extrême nord-est du pays, le lac Tonga propose une expérience estivale très différente de celle des plages méditerranéennes. Intégré au Parc national d’El Kala, ce vaste complexe humide abrite une importante biodiversité. Il constitue également une étape majeure pour de nombreuses espèces d’oiseaux migrateurs.
Avec ses quelque 2 600 hectares, le lac se prête particulièrement à l’observation et à la découverte des zones humides. Les promenades en barque permettent d’approcher cet écosystème sans le brusquer. De son côté, l’observation des oiseaux offre une autre manière de profiter de l’été, loin de l’agitation des stations balnéaires.

Tipaza : Sidi Brahim entre nature et histoire
À Tipaza, Sidi Brahim permet de conjuguer découverte du littoral et exploration d’un territoire marqué par l’histoire. Les reliefs côtiers et les sentiers donnent accès à des criques plus discrètes, à l’écart des plages les plus fréquentées de la région.
La particularité du secteur tient justement à cette coexistence entre patrimoine naturel et patrimoine historique. La végétation méditerranéenne, les rochers et la mer composent un décor qui peut se découvrir à pied, tandis que la proximité des sites archéologiques de Tipaza ajoute une dimension culturelle à l’escapade.

Skikda : Oued Bibi,une longue plage à l’écart
À Skikda, Oued Bibi s’étend sur plus de deux kilomètres au milieu d’un environnement montagneux et forestier. L’absence d’aménagements importants et sa faible fréquentation lui permettent de conserver une atmosphère très différente de celle des plages urbaines.
Cette tranquillité a toutefois ses contreparties. L’accès peut être compliqué et certaines portions de la route sont difficiles à emprunter. La plage n’étant ni aménagée ni surveillée, la baignade y est déconseillée.La prudence reste donc indispensable. Oued Bibi s’apprécie avant tout pour son paysage, son isolement et son caractère sauvage.

Oran : les îles Habibas un sanctuaire au large
À environ dix kilomètres de la côte oranaise, les îles Habibas forment un archipel volcanique aux reliefs spectaculaires. Falaises abruptes, rochers, grottes marines et ancien phare composent un paysage qui contraste fortement avec les plages continentales.
Classées réserve naturelle marine et reconnues comme Aire spécialement protégée d’importance méditerranéenne (ASPIM), les Habibas abritent une biodiversité particulièrement riche. L’accès à l’archipel est réglementé et nécessite une autorisation. Les excursions peuvent notamment être organisées avec le Habibas Club Nautique d’Oran, dans le respect des règles de protection du site.

Sept lieux, une autre idée de l’été
Ces sept destinations dessinent une autre géographie de l’été algérien : criques isolées, forêts littorales, falaises, zones humides et îles protégées. Elles invitent surtout à ralentir, à marcher, à observer et à retrouver un rapport plus direct aux paysages.
Mais leur principal attrait, leur caractère encore préservé, constitue aussi leur fragilité. Ainsi, ne rien laisser derrière soi, ne pas nourrir les animaux, respecter les restrictions d’accès et les espaces protégés sont autant de gestes essentiels pour que ces lieux restent sauvages. Découvrir ces spots, c’est aussi accepter de les laisser tels qu’on les a trouvés.


