L’Algérie perd l’un de ses prodiges avec la disparition de Mohamed-Lamine Merbah, connu sous le nom de Lamine Merbah. Le cinéaste est décédé hier, vendredi 24 juillet 2026, à l’âge de 80 ans, des suites d’une longue maladie.
Né le 28 juillet 1946 à Tighennif, dans la wilaya de Mascara, Mohamed-Lamine Merbah commence sa carrière dans les années 1960 avec des courts métrages. Il s’impose ensuite progressivement comme l’un des grands noms du septième art algérien.
Lamine Merbah : Des débuts derrière la caméra à la direction de l’ENPA
À partir de 1970, il travaille parallèlement pour la maison d’édition SNED et comme réalisateur à la Radiodiffusion télévision algérienne.
En 1988, il devient directeur général de l’Entreprise nationale de production audiovisuelle (ENPA). Il occupe ce poste jusqu’en 1995. Cette année-là, une maladie l’oblige à garder le lit pendant de longues années.
En 2002, il reprend la caméra pour réaliser le feuilleton Le Miroir brisé.
Puis en 2003, il crée son entreprise « Amine Intaj » avec laquelle il a signé plusieurs productions (feuilletons, films, documentaires, etc.).
Une œuvre tournée vers l’histoire de l’Algérie
De sa filmographie, l’Histoire retiendra plusieurs films consacrés à des thématiques politiques et sociétales. Parmi eux figure Radhia, qui dépeint une fracture idéologique au sein d’une famille algérienne dans les années 1990. Les Spoliateurs évoque, quant à lui, la spoliation des terres algériennes par l’administration coloniale, notamment dans le massif de l’Ouarsenis, dans le nord-ouest du pays.
Toute l’œuvre de Merbah interroge la mémoire, l’histoire et l’identité de son pays, l’Algérie. Un pays qui a façonné son parcours artistique tout autant que lui-même a contribué à façonner la mémoire nationale.
Sa disparition, annoncée par ses proches, a suscité une réaction du ministère algérien de la Culture et des Arts, qui a fait part de sa profonde tristesse. La ministre de la Culture et des Arts, Malika Bendouda, a salué le parcours exceptionnel d’un artiste considéré comme l’un des pionniers du cinéma engagé en Algérie. À la fois témoin et acteur de son époque, il laisse un héritage qui continue d’inspirer de nombreux réalisateurs et de marquer la mémoire du pays.


