Après Papicha et Houria, Mounia Meddour revient au cinéma avec Malika, un long métrage inspiré de l’histoire vraie de la cantatrice franco-algérienne Malika Bellaribi Le Moal. Attendu dans les salles françaises le 18 novembre 2026, le film retrace le parcours d’une femme qui, malgré le handicap, les difficultés sociales et le racisme, a réussi à se faire une place dans le monde exigeant de l’opéra. Pour Dzdia, Mounia Meddour affirme que c’est » Cette transformation qui constitue le coeur du récit «
Surnommée la « diva des banlieues », Malika Bellaribi est née en 1956 dans un bidonville de Nanterre, au sein d’une famille d’immigrés algériens. Son enfance est bouleversée par un grave accident qui lui brise les jambes, les hanches et le bassin. Après de longues années d’hospitalisation et de rééducation, elle découvre le chant auprès des sœurs de Saint-Vincent-de-Paul. Une rencontre qui va progressivement transformer son rapport au corps et à elle-même.

Une histoire vraie de résilience et de passion
Dans le film, Malika nourrit un rêve qui semble, à première vue, inaccessible : devenir l’une des grandes mezzo-sopranos du monde. Animée par une détermination sans faille, elle parvient à intégrer la prestigieuse École nationale de musique de Paris, sous la direction d’Anne Dune.
Son parcours ne sera pourtant pas linéaire. Dans un univers marqué par des codes sociaux et artistiques particulièrement exigeants, Malika doit se battre pour être reconnue. Sa rencontre avec un professeur atypique et peu conventionnel va jouer un rôle déterminant dans son évolution. Celui-ci ne cherchera pas uniquement à développer sa voix, mais l’aidera surtout à renouer avec un corps marqué par les blessures de son enfance.
Pour Mounia Meddour, c’est précisément cette transformation qui constitue le cœur du récit.
« Ce qui m’intéresse, c’est la transformation d’une épreuve en force. Le film est centré sur la reconstruction, l’identité et le pouvoir rédempteur de l’art. »
Une trajectoire qui résonne particulièrement avec le cinéma de la réalisatrice. Avec Papicha, elle racontait déjà le combat de jeunes femmes algériennes confrontées aux violences et aux contraintes sociales. Dans Houria, une danseuse tentait de retrouver son corps et sa liberté après un traumatisme. Avec Malika, c’est cette fois le chant qui devient un espace de reconstruction.
« Il y a bien sûr une continuité intéressante avec Houria. Dans ce film, une jeune femme victime d’un traumatisme se reconstruit grâce à la danse ; dans Malika, c’est le chant et l’opéra qui permettent à Malika de se reconstruire. Dans les deux cas, je raconte une femme qui refuse d’être définie par ce qui lui est arrivé. »

Une histoire intime, mais aussi sociale
Au-delà de l’ascension d’une artiste, Malika entend raconter une époque et mettre en lumière une réalité souvent absente des récits consacrés à l’opéra. Le film traversera notamment plusieurs décennies de l’histoire française et s’intéressera à l’expérience des immigrés algériens ainsi qu’au racisme et aux préjugés auxquels ils ont été confrontés.
Pour Mounia Meddour, le parcours de Malika est indissociable de cette dimension sociale.
« Ce n’est pas seulement l’histoire d’une grande chanteuse qui m’intéresse. C’est surtout l’histoire d’une femme issue d’un milieu très défavorisé, confrontée au handicap, au racisme et aux préjugés, qui réussit à transformer sa vie grâce à sa détermination et à l’art. »
Une dimension qui permet au film de dépasser le simple récit biographique. À travers l’histoire de cette enfant issue d’un bidonville de Nanterre devenue cantatrice reconnue, la réalisatrice souhaite interroger la place accordée aux femmes, aux personnes handicapées et aux enfants issus de l’immigration dans la société française.
Malika Bellaribi finira par se produire sur certaines des scènes lyriques les plus prestigieuses, notamment au Théâtre du Châtelet, tout en développant un travail visant à rendre l’opéra plus accessible à des publics qui en sont traditionnellement éloignés.

Un casting entre nouvelles révélations et grands noms du cinéma
Pour incarner Malika Bellaribi, Mounia Meddour a choisi Lilya Adad, révélée notamment comme finaliste de The Voice avant de rejoindre la comédie musicale Starmania. Il s’agit de son tout premier rôle au cinéma.
Autour d’elle, la réalisatrice réunit une distribution prestigieuse composée de Elsa Zylberstein, Lubna Azabal, Camille Razat, Marc Lavoine, Karidja Touré, Hilda Amira Douaouda, Rani Bheemuck ainsi que Djebril Zonga.
La musique originale est composée par Yasmine Meddour et Maxence Dussère, qui accompagne cette fresque musicale inspirée d’un destin exceptionnel.
Le nouveau portrait de femme signé Mounia Meddour
Avec Malika, la réalisatrice poursuit également une démarche qui traverse l’ensemble de son œuvre : placer des femmes au centre de récits de résistance et de reconstruction.
Mounia Meddour assume ce choix comme une manière de faire émerger des personnages dont les histoires ont longtemps été reléguées au second plan.
« D’abord parce que je suis une femme réalisatrice et que mes héroïnes me permettent de raconter la liberté, la mémoire, le corps et la résistance. »
Son parcours personnel nourrit également cette approche. Ayant grandi en Algérie, la cinéaste puise dans des réalités et des histoires qui résonnent avec son propre parcours et son regard sur les femmes.
« Il y a probablement aussi une dimension personnelle : j’ai grandi en Algérie et mes films puisent dans des réalités que je connais. Je choisis donc de mettre au centre des personnages féminins qui ont souvent été relégués au second plan et qui ont besoin d’être mis en lumière. »
Cette volonté de donner une voix à des femmes confrontées à des obstacles multiples trouve dans l’histoire de Malika Bellaribi un nouveau terrain d’expression.

Une renaissance par la voix
Coécrit par Mounia Meddour et Joanne Giger, Malika s’intéresse ainsi moins à la réussite d’une chanteuse qu’au chemin qui lui a permis de se construire. Le chant, découvert alors qu’elle est enfant et hospitalisée, devient progressivement un moyen de dépasser les blessures, de retrouver confiance en son corps et de conquérir une liberté longtemps inaccessible.
Produit notamment par Apaches, Solar Entertainment, High Sea Production et Jade Films, le film a été tourné à partir de novembre 2025 avant d’entrer en post-production. Sa distribution française est assurée par Nour Films.
Après deux films consacrés à des femmes qui cherchent à reprendre possession de leur corps et de leur destin, Mounia Meddour poursuit avec Malika un cinéma de la reconstruction. Cette fois, la danse laisse place au chant et les rues d’Alger à celles de Nanterre, mais le combat reste le même : celui d’une femme qui refuse de laisser son histoire décider de ce qu’elle peut devenir.
Rendez-vous le 18 novembre 2026 dans les salles en France.



