Marseille, ville façonnée par les circulations venues des quatre coins du monde, devient en ce mois de mai le point de rencontre de jeunes d’Algérie et de plusieurs quartiers marseillais, réunis autour du cinéma et de la création audiovisuelle. Du 21 au 23 mai 2026, le projet TiLEM 2026 investit le cinéma Alhambra, Le Gyptis et le Musée d’Histoire de Marseille avec des projections, des repas solidaires et des créations audiovisuelles réalisées au téléphone portable.
Pensé comme un espace d’échanges et de collaboration, TiLEM, qui tient son nom du sillon en arabe et l’acronyme en français de Tiers-Lieu En Méditerranée, rassemble cette année 28 jeunes originaires d’Alger, Oran, Sétif, Béjaïa, Constantine, Annaba, Timimoun ou encore Touggourt, aux côtés de participant·es marseillais·es venu·es des quartiers nord, de Belsunce et de la Belle de Mai.
Au programme, des courts-métrages documentaires internationaux, des vidéos-lettres tournées par les participant·es et plusieurs temps de rencontre ouverts au public. Cette édition s’inscrit dans le cadre de la Saison Méditerranée 2026 et poursuit un projet né autour d’un objectif précis : créer des passerelles artistiques et humaines entre les deux rives.
Comme l’explique la réalisatrice et participante de TiLEM 2026 Sara Lalou dans des propos transmis à Dzdia, Le Champ des Possibles et La Maison DAR sont les porteurs de ce projet. « L’idée est de créer des liens entre les jeunesses des deux rives méditerranéennes autour d’un monde en pleine évolution », résume-t-elle.
Voir cette publication sur Instagram
TiLEM 2026 à Marseille mise sur des créations réalisées au téléphone portable !
L’une des particularités de TiLEM 2026 repose sur son approche de la création audiovisuelle. Les participant·es réalisent eux-mêmes leurs vidéos-lettres avec un téléphone portable, sans équipe technique classique.
L’an dernier, cinq jeunes algérien·nes et cinq jeunes marseillais·es avaient ainsi créé une série de vidéos-lettres après plusieurs résidences d’écriture organisées en présentiel puis à distance, avant une dernière étape à Marseille. « Chaque participant·e développait sa propre vidéo-lettre avec un téléphone. Nous assurions nous-mêmes la réalisation, la prise de son et l’image », explique Sara Lalou à Dzdia.
Les jeunes participant·es ont également bénéficié d’un accompagnement artistique durant tout le processus de création. « Un mentor nous accompagnait individuellement pour l’écriture. Ensuite, nous avons participé à une résidence autour du montage avec Yanis Kheloufi, avant le travail de mixage son et d’étalonnage réalisé avec Islem », précise la réalisatrice.
Cette année, plusieurs ancien·nes participant·es reviennent dans le cadre de TiLEM 2026 afin d’accompagner une nouvelle promotion venue d’Alger, Oran et Sétif. « Nous sommes davantage dans un rôle d’accompagnement auprès des nouveaux participant·es, qui ont construit une sélection de films qu’iels défondront pendant les projections », souligne Sara Lalou.
Sara Lalou présente deux vidéos-lettres à TiLEM 2026
Parmi les créations projetées cette année figurent deux vidéos-lettres réalisées par Sara Lalou : Kawitchou et Badhert boudhour.
La première prend place dans les parcs d’Alger. « Kawitchou raconte ma manière d’occuper les parcs de la ville, avec le caoutchouc comme élément symbolique », explique la réalisatrice à Dzdia.
Voir cette publication sur Instagram
Le second film suit quant à lui trois générations de femmes réunies dans un jardin clos. « Badhert boudhour met en scène une femme, sa fille et sa mère autour de la transmission des savoirs à travers les femmes », résume-t-elle.
Les deux œuvres seront diffusées dans différents lieux marseillais pendant les soirées TiLEM. Badhert boudhour sera projeté le 22 mai au Cinéma Le Gyptis, tandis que Kawitchou est programmé pour le 23 mai au Musée d’Histoire de Marseille.
La soirée organisée au Gyptis donnera également lieu à un repas préparé avec l’association Tiwizi et la marque Doura, spécialisée dans les produits du terroir algériens. Sara Lalou précise à Dzdia qu’un dîner collectif sera proposé avec des femmes accompagné·es par l’association, engagée auprès des femmes migrantes et réfugiées à travers des projets culinaires.
Trois quartiers marseillais accueillent les soirées TiLEM
Le lancement de TiLEM 2026 aura lieu le 21 mai au Cinéma Alhambra, dans le 16e arrondissement de Marseille. La soirée réunira les participant·es des quartiers nord et d’Oran autour d’une programmation de courts-métrages documentaires internationaux, suivie d’une projection de vidéos-lettres.
Le 22 mai, le Cinéma Le Gyptis accueillera une soirée pensée autour des échanges entre la Belle de Mai et Sétif, avec un repas solidaire organisé en plein air sur la place Caffo.
Enfin, le 23 mai, le Musée d’Histoire de Marseille clôturera cette édition dans le cadre de la Nuit des Musées. La soirée comprendra des projections en plein air, une séance d’écoute du podcast Cabaraï consacrée au raï et au féminisme, puis un DJ set ouvert au public.
Voir cette publication sur Instagram
À travers ces trois rendez-vous, TiLEM poursuit son travail de circulation des images, des récits et des expériences vécues de part et d’autre de la Méditerranée, tout en laissant les jeunes participant·es raconter eux-mêmes leurs réalités et leurs territoires.


