Il y a des années où l’on ne sait pas où aller en vacances, ni même où s’imaginer en vacances. Cette année, Dzdia vous propose de voguer vers les côtes algériennes, pour en comprendre la beauté mais aussi pour découvrir l’immense patrimoine littéraire de ce pays qui raconte tant la guerre, l’indépendance, les femmes et la résistance. Ces derniers jours estivaux sont l’occasion de (re)décourvrir la beauté de la littérature algérienne.
Mémoire d’une nation en lutte
L’Opium et le Bâton, Mouloud Mammeri, Ed. Le Point, 2012
Il est impossible de parler de littérature algérienne sans évoquer la guerre d’indépendance, dont le souvenir irrigue encore une grande partie de la culture tant il reste vivace. Dans ce livre, Mouloud Mammeri raconte le village kabyle de Tala, dont les habitants se retrouvent peu à peu pris dans la lutte pour la libération de l’Algérie. L’auteur y montre comment la guerre s’immisce jusque dans les moindres recoins du quotidien, y compris dans les lieux les plus reculés.

Le Témoin, Djamel Amrani. Ed. Éditions de Minuit, 1960
Dans ce livre, Amrani s’inspire de son arrestation en 1957 et des violences dont il a été victime. Le lecteur y découvre les interrogatoires et les souffrances des prisonniers politiques, tout en donnant voix aux drames familiaux survenus durant la guerre et au courage de celles et ceux qui se sont battus pour la liberté de leur nation. Un témoignage essentiel pour comprendre la violence de la guerre d’indépendance.

Des lendemains qui chantent
Une paix à vivre, Rachid Mimouni.Ed.Stock,1995
Djarbi, jeune homme arrivé à l’École Normale Supérieure de Paris, voit dans cette nouvelle vie la promesse d’un avenir fait de paix, d’ambition, d’amitié et d’amour. Mais la guerre et la violence imposent une réalité que Djarbi n’avait pas vue venir, et qui balaie sur son passage tous ses rêves et tous ses espoirs.

Les Figuiers de Barbarie, Rachid Boudjedra. Ed Grasset,2010
Dans un avion, deux cousins se retrouvent côte à côte, le temps d’un trajet qui relie Alger à Constantine. Ce qui pourrait commencer comme le début d’une mauvaise blague est en fait le début d’une histoire dans laquelle se rejoue celle d’un pays tout entier et meurtri, celle d’une famille déchirée à l’image de l’Algérie, marquée successivement par la colonisation et la guerre d’indépendance.

Grandir envers et contre tout
Le Fils du pauvre, Mouloud Feraoun, Ed.Points,1995
Cet ouvrage est le récit à peine romancé de l’enfance de son auteur, au sein d’une famille originaire de Kabylie, dans l’entre-deux-guerres. Il permet de comprendre la façon dont la guerre façonne l’enfance, les souvenirs et le rapport à sa propre histoire.

Les Vigiles, Tahar Djaout, Ed. Points, 1995
Dans la banlieue algéroise, un jeune professeur de physique invente une machine qui, sans imposer la moindre violence, se retrouve pourtant jugée dangereuse par des bureaucrates qui lui refusent tout avenir. Pourtant, tout espoir n’est pas perdu.

Femmes, liberté et identité
L’Amour, la fantasia, Assia Djebar. Ed. Albin Michel, 1995
En 1830, Alger tombe aux mains des colons français ; commencent alors plusieurs décénies de guerre desquels se distingue la figure de l’Émir Abdelkader. L’œuvre est partagée entre le récit de la vie de son autrice et une réflexionplus large sur l’Algérie elle-même. Un texte devenu une référence, où l’individu se mêle à la grande Histoire.

Nedjma, Kateb Yacine. Ed. Points, 1996
Nedjma est une femme jeune et belle. Son physique est un don que tout le monde remarque, sans jamais lui laisser la chance de démontrer qu’elle est bien plus qu’un joli visage. Fruit d’un adultère, elle incarne, en femme, une Algérie qui ne cesse d’évoluer.

Résister par et pour tous
Mille Hourras pour une gueuse, Mohammed Dib. Ed.Seuil, 1980
Arfia est connue comme la Schéhérazade des bas-fonds. Malgré la pauvreté dans laquelle elle vit, elle divertit les passants et ceux qui partagent sa misère en rejouant des épisodes de sa vie… dont la véracité est pour le moins douteuse aux yeux de ceux qui l’écoutent. Jusqu’au soir où réalité et fiction se confondent, au même titre que vérité et mensonge.

Écoute et je t’appelle, Malek Haddad. Ed. Bouchene, 2003
Dans ce recueil de poésie, Malek Haddad est partagé entre liberté, exil et nostalgie d’un bonheur que l’on croit perdu à jamais. Des poèmes marqués par la guerre de libération, qui s’inscrivent dans la beauté du vers algérien.

Dix livres pour (re)découvrir l’Algérie, son histoire, ses souffrances ainsi que sa beauté.


