Après sa première mondiale à Venise, plusieurs rendez-vous internationaux et une sélection remarquée au Red Sea International Film Festival, « Roqia » de Yanis Koussim arrive aux États-Unis le 29 septembre. Présenté également au Museum of the Moving Image à New York, le film d’horreur poursuit son parcours international alors qu’il vient d’être choisi pour représenter l’Algérie dans la catégorie du meilleur film international aux Oscars 2027. Pour son réalisateur, cette nouvelle étape arrive à un moment particulièrement favorable.
De Venise à la sélection aux Oscars
« Roqia » arrive aux États-Unis alors qu’une autre étape importante vient de s’ouvrir pour le film. Le Comité algérien de sélection pour les Oscars l’a choisi pour représenter l’Algérie à la 99e cérémonie des Oscars, dans la catégorie du meilleur film international.
La sélection intervient après plusieurs distinctions. Le film a notamment reçu le Grand Prix du long métrage au Festival international du film d’Alger ainsi que le prix du meilleur réalisateur au Festival international du film de Thessalonique (Grèce). Cette trajectoire lui offre une visibilité supplémentaire au moment où il s’apprête à sortir aux États-Unis. Pour Koussim, le calendrier est particulièrement favorable. « Le timing est super bon », estime le réalisateur à propos de cette nouvelle étape de « Roqia », explique-t-il à Dzdia.
Le film avait déjà reçu des retours encourageants lors de plusieurs présentations, notamment à Venise et au Red Sea International Film Festival. Désormais, sa sélection par l’Algérie lui ouvre une nouvelle étape : celle de la course aux Oscars.
« Que l’Algérie ait décidé de proposer le film aux Oscars est un honneur. Avoir la reconnaissance de mes pairs… », confie Yanis Koussim à Dzdia.
Derrière cette sélection, il y a aussi le parcours d’un réalisateur qui passe au long métrage après plusieurs années consacrées au cinéma. Né en 1977 à Sétif, Yanis Koussim découvre sa passion pour le septième art pendant ses études de droit. Il réalise ensuite plusieurs courts métrages comme “Khouya” et “Khti” avant de passer au format long avec Alger By Night, un film que le public n’a pas eu la chance de voir puis « Roqia ».
Il est également à l’origine de Plateau19, un collectif engagé dans la promotion du cinéma indépendant en Algérie.
Voir cette publication sur Instagram
L’horreur comme langage
Avec « Roqia », Yanis Koussim investit un genre encore relativement peu présent dans la production cinématographique algérienne. Le film mêle horreur et thriller psychologique, tout en puisant dans une période particulière de l’histoire du pays.
Le récit circule entre deux temporalités : les années 1990 et l’époque contemporaine. Il met notamment en scène un vieux raqi confronté à la maladie d’Alzheimer et son disciple, tandis que des phénomènes surnaturels apparaissent. Le film fait ainsi se croiser mémoire, croyances et forces occultes, sur fond de décennie noire.
Sans réduire « Roqia » à son contexte historique, le choix de l’horreur permet au réalisateur de travailler sur des émotions et des peurs qui peuvent, selon lui, être comprises au-delà des frontières.
Une sortie américaine dans un contexte international
Le film a également été présenté au Museum of the Moving Image à New York, ajoutant une étape américaine à sa diffusion. Il a aussi été programmé dans plusieurs festivals internationaux, dont le Red Sea International Film Festival.
Pour Yanis Koussim, cette circulation permet au film de rencontrer des publics éloignés de son contexte de production. L’enjeu est particulièrement intéressant pour une œuvre qui choisit l’horreur comme registre et qui s’appuie sur une matière profondément liée à l’histoire et à l’imaginaire algériens.
Le réalisateur défend cette capacité du « genre » à dépasser les différences culturelles. « La peur est universelle. Elle est ancrée dans notre cerveau reptilien, peu importe notre origine géographique ou culturelle. C’est un mécanisme de survie », explique-t-il à Dzdia.
Cette phrase résume en partie son approche du cinéma d’horreur : partir d’une émotion immédiatement identifiable pour construire un récit inscrit dans un environnement particulier. Ainsi, la peur peut créer un lien entre le film et des spectateurs qui ne partagent pas nécessairement la même histoire ou les mêmes références culturelles.
Voir cette publication sur Instagram
C’est aussi ce qui donne un sens particulier à sa diffusion internationale. À Venise, puis dans plusieurs festivals, avant son passage au Museum of the Moving Image et sa sortie américaine du 29 septembre, le film rencontre progressivement de nouveaux publics sans perdre son lien avec l’Algérie. Sa sélection pour représenter le pays aux Oscars 2027 ajoute désormais une nouvelle dimension à cette carrière. Le film poursuit ainsi sa diffusion internationale tout en restant lié à son histoire et à son territoire.
Avec « Roqia », Yanis Koussim défend ainsi une proposition de cinéma de genre qui cherche à dépasser le simple cadre de la production nationale. La peur, dit-il, est universelle. Mais le film, lui, reste profondément lié à un territoire, à une mémoire et à une histoire.
Le 29 septembre, sa sortie américaine ouvrira une nouvelle séquence de ce parcours. Quelques jours après, « Roqia » portera officiellement les couleurs de l’Algérie dans la course aux 99es Oscars.


