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Le court métrage algérien s’apprête à prendre une nouvelle place sur les écrans français. À Saint-Jean-du-Gard, le YS Festival veut réunir réalisateurs, professionnels du cinéma et public autour de films venus d’Algérie, mais aussi créer les conditions de nouvelles collaborations.
Pour sa première édition, le festival investira les Cévennes du 24 au 26 septembre 2026 avec 23 réalisateurs algériens, des projections, des conférences, des tables rondes et des rencontres professionnelles. Une programmation pensée pour faire connaître des films et favoriser les échanges autour de leur création.
À l’origine du projet, Nathalie Dunoir-Picot, présidente de l’association Marcelle et Mohamed. L’idée est née après le décès de son meilleur ami, l’auteur et réalisateur Yann Sinic, dont les initiales ont donné son nom au festival.
« L’idée est née d’une histoire triste, puisque c’est au moment du décès de mon meilleur ami, Yann Sinic, que j’ai décidé de créer ce festival du court-métrage algérien », explique-t-elle à Dzdia.
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Sa propre histoire familiale a également nourri cette démarche. « L’idée, c’est de faire dialoguer mes deux pays puisque ma mère biologique est française et mon père biologique est algérien », raconte-t-elle.
YS Festival : le cinéma algérien au premier plan
Le YS Festival réunira 23 réalisateurs algériens vivant en Algérie. La sélection compte 23 courts métrages, dont 18 en compétition. Fiction, documentaire, animation et cinéma expérimental composent cette programmation.
Six prix seront remis au cours de cette première édition. Le palmarès comprendra notamment des récompenses pour la fiction, le documentaire et l’animation ou l’expérimental. Le public, les lycéens ainsi qu’un jury consacré aux regards féminins participeront également à la remise des prix.
Pour Nathalie Dunoir-Picot, la présence des cinéastes constitue l’un des temps forts du festival.
« Les points forts du programme, il y en a beaucoup, mais déjà la venue de 23 réalisateurs venus tout droit de l’Algérie. Ils viendront présenter leurs courts-métrages au public cévenol et, plus largement, au public français », explique-t-elle à Dzdia.
Les projections seront ainsi accompagnées de temps d’échange avec les réalisateurs. Des séances hors les murs sont également prévues.
Quatre courts métrages à découvrir
Parmi les films programmés, Taazrit de Kaouther Arinas Dernouni suit Habiba, une femme chaouie vivant près de Ghassira, dans les Aurès. Le documentaire s’intéresse à son quotidien et à son rapport au territoire. Le film a notamment été présenté aux Rencontres cinématographiques de Béjaïa et a reçu une mention spéciale au Festival international du court métrage de Timimoun.
Autre film à découvrir, L’Inconnu d’Ahmed Zitouni. Dans ce thriller psychologique, une artiste indépendante trouve un téléphone portable en rentrant chez elle. Un appel vient alors bouleverser sa soirée. La voix à l’autre bout du fil réclame le téléphone, tandis que les appels se répètent et font progressivement monter la tension.
Le programme comprend aussi Le Reflet : Ceux qui restent de Borhane Cherbal, avec Dorsaf Aya Kharfi et Slimane Benouari. Le court métrage a été produit dans le cadre de la cinquième édition de Let’s Make Your Film et présenté en compétition au Festival du Film Méditerranéen d’Annaba en 2026.
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Enfin, Aswate de Sirine Achir viendra compléter cette sélection. Le film documentaire a lui aussi été produit dans le cadre de Let’s Make Your Film et figure parmi les œuvres présentées en compétition à Annaba.
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Ces quatre titres donnent un aperçu de la diversité des films réunis à Saint-Jean-du-Gard. Pour retrouver l’ensemble des courts métrages et le détail des séances, le programme complet est disponible sur le site du festival.
Des rencontres pour créer de nouvelles collaborations
Le festival ne s’arrêtera pas aux projections. Des conférences, une table ronde, des séances de pitch et des rencontres professionnelles compléteront les trois journées.
Le dispositif de speed dating franco-algérien constitue l’un des rendez-vous importants du programme. Il réunira notamment des réalisateurs algériens avec des producteurs et des distributeurs français. Les cinéastes pourront ainsi présenter leurs projets et échanger sur leurs possibilités d’accompagnement.
« L’idée, c’est d’arriver à relancer l’éco-production entre les deux pays et de dialoguer », explique Nathalie Dunoir-Picot à Dzdia.
Elle ajoute : « On peut faire plein de choses. Pour ça, il faut se rencontrer, créer, inventer et puis se dire que tout est possible. »
Les conférences permettront également d’aborder plusieurs aspects du cinéma. Marc Aubaret ouvrira notamment une réflexion sur le passage de la parole à l’image. Jacques Choukroun reviendra ensuite sur les premières années du cinéma dans l’Algérie indépendante. Enfin, Nadir Dendoune parlera du passage d’une histoire vécue à une histoire filmée.
Un festival dédié à Yann Sinic
Le nom du YS Festival fait référence à Yann Sinic, auteur et réalisateur décédé en 2024. Nathalie Dunoir-Picot souhaitait ainsi inscrire le projet dans le prolongement de son parcours et de son travail autour du cinéma.
Le producteur et distributeur Jacques Choukroun est le président d’honneur de cette première édition.
Le festival est porté par l’association Marcelle et Mohamed. Il repose également sur une volonté de créer des liens durables entre les professionnels des deux pays.
Pour cette première édition, le public pourra donc découvrir des films algériens tout en rencontrant celles et ceux qui les ont réalisés. Une manière pour le festival de donner une place aux courts métrages, mais aussi aux projets qui peuvent naître autour d’eux.
Une première édition appelée à se poursuivre
Le rendez-vous de Saint-Jean-du-Gard doit constituer le premier chapitre d’un projet appelé à revenir régulièrement.
« Cette édition 2026 est la première, mais il y en aura d’autres puisqu’il y aura une récurrence tous les 18 mois », annonce Nathalie Dunoir-Picot à Dzdia.
Elle invite également les réalisateurs et le public à participer à la suite du projet : « Faites-vous connaître, venez vers nous, déposez vos court-métrages, rejoignez-nous en tant que bénévole. Faites savoir que ce festival existe, parlez-en et soutenez-nous aussi parce qu’on a besoin de vous. »
Le YS Festival donne ainsi rendez-vous aux amateurs de cinéma et aux professionnels pour trois journées consacrées au court métrage algérien, aux échanges et aux projets franco-algériens.
Programme complet : ys-festival.fr/programme


