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Du 17 octobre au 1er novembre 2026, le Ciné Malraux de Bondy consacre un cycle à l’histoire de l’Algérie et aux liens franco-algériens. À travers cinq films, dont deux présentés en avant-première, le cinéma entend rendre hommage aux victimes de la répression du 17 octobre 1961, tout en soutenant la création algérienne. Partenaire média de l’événement, Dzdia a rencontré Amélie Desserre, responsable de l’établissement, qui présente les motivations de cette programmation et les ambitions de cette première édition.
Comment raconter une histoire longtemps reléguée au second plan ? À Bondy, le Ciné Malraux choisit de donner la parole aux films. Avec « L’Algérie à l’honneur », l’établissement propose plusieurs séances consacrées à l’histoire du pays, à sa mémoire et aux regards portés sur la société algérienne. Le programme débute le 17 octobre, date symbolique de la répression des manifestants algériens à Paris en 1961.
Pour Amélie Desserre et son équipe, cette programmation répond à une volonté claire : faire de la salle de cinéma un lieu de transmission, mais aussi de discussion. Le cycle met ainsi en regard des œuvres de différentes époques et de plusieurs genres, de l’animation au documentaire, en passant par la fiction historique et le cinéma contemporain.
Le programme se distingue notamment par deux avant-premières : Malika de Mounia Meddour, le 18 octobre, et L’Arabe de Malek Bensmaïl, le 1er novembre, en présence des invités.
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Le Ciné Malraux rend hommage aux victimes du 17 octobre 1961
À l’origine du cycle, une initiative collective portée par l’équipe du cinéma. L’objectif est de remettre en lumière un épisode de l’histoire franco-algérienne qui reste encore insuffisamment connu du grand public.
« Nous avons souhaité rendre hommage aux victimes de la répression du 17 octobre 1961. Cette histoire algérienne a longtemps été mise de côté. Nous voulions contribuer à ce qu’elle ne soit pas effacée de notre histoire commune franco-algérienne », explique Amélie Desserre à Dzdia.
Cette démarche se traduit par une première journée entièrement consacrée à l’histoire algérienne. Le choix des films permet d’aborder différentes périodes et de croiser les points de vue. Il s’agit aussi de proposer des séances accessibles à plusieurs générations, afin que les plus jeunes puissent eux aussi découvrir cette histoire.
Le projet ne se limite toutefois pas à une commémoration. Pour l’équipe, cette première édition doit également ouvrir la voie à d’autres initiatives en faveur du cinéma algérien.
« C’est la première fois que nous organisons un cycle consacré au cinéma algérien. Nous aimerions poursuivre cette expérience avec d’autres programmations, pour soutenir la création, les acteurs et les producteurs algériens », précise la responsable du Ciné Malraux.
Trois films pour revenir sur l’histoire de l’Algérie
Le samedi 17 octobre, trois projections rythmeront la journée. À 14 h, le public pourra découvrir Petite Casbah, un film d’animation réalisé par Antoine Colomb. Destinée aux enfants et aux familles, l’œuvre suit quatre amis issus de différentes communautés d’Alger en 1955. À travers leur quotidien, le récit aborde les tensions de l’époque et la répression policière, quelques années avant l’indépendance.
À 16 h, changement de registre avec Octobre à Paris, le documentaire de Jacques Panijel. Réalisé à la suite des événements du 17 octobre 1961, le film donne à entendre les témoignages d’Algériens victimes de la répression policière lors des manifestations organisées à Paris. Cette projection permet de revenir sur les faits et sur les violences subies par les manifestants.
La journée se poursuivra à 18 h avec La Bataille d’Alger de Gillo Pontecorvo. Sorti en 1966, ce film majeur du cinéma historique revient sur les événements de 1957 dans la capitale algérienne, au cours de la guerre de libération. La séance sera organisée en partenariat avec le Bondy Blog et donnera lieu à des échanges avec le public.
Pour le Ciné Malraux, ces projections doivent permettre de regarder l’histoire autrement, en confrontant les récits et les expériences. Elles offrent également l’occasion de faire circuler la parole autour de sujets qui continuent de marquer les relations franco-algériennes.
« Malika » : le parcours exceptionnel d’une chanteuse lyrique
Le dimanche 18 octobre à 16 h, le cycle se poursuivra avec une avant-première de Malika, le nouveau film de Mounia Meddour. Ce biopic retrace le parcours de Malika Bellaribi, chanteuse lyrique dont l’histoire personnelle témoigne d’une ascension remarquable.
Née dans une famille algérienne, elle grandit notamment dans les bidonvilles de Nanterre. Malgré les obstacles, elle parvient à construire une carrière dans l’art lyrique et à se produire sur de grandes scènes, jusqu’au Théâtre du Châtelet.
La présence de Malika Bellaribi lors de cette projection constitue l’un des temps forts du programme. Le public pourra ainsi découvrir son histoire à l’écran et rencontrer celle qui en est la protagoniste.
Cette avant-première constitue l’un des deux rendez-vous exceptionnels du cycle, qui donnera également à voir L’Arabe de Malek Bensmaïl en avant-première, le dimanche 1er novembre, en présence du réalisateur.
En choisissant ce film, le Ciné Malraux élargit son propos. La programmation ne porte pas uniquement sur les événements historiques et leurs conséquences. Elle s’intéresse également aux trajectoires individuelles, aux parcours de réussite et à la place des artistes dans la société.
« L’Arabe » de Malek Bensmaïl pour clôturer le cycle
Le dimanche 1er novembre à 16 h, le cycle s’achèvera avec L’Arabe, le premier long métrage de fiction de Malek Bensmaïl, librement adapté du roman Meursault, contre-enquête de Kamel Daoud. Le réalisateur sera présent pour accompagner cette projection.
Le film reprend une question centrale du livre : que devient l’histoire de l’homme arabe tué par Meursault dans L’Étranger d’Albert Camus, alors que son identité demeure effacée dans le récit original ? Dans cette adaptation, Haroun, le frère de la victime, prend la parole et raconte sa propre version des faits. L’œuvre interroge ainsi la mémoire, la représentation des Algériens dans la littérature et les silences de l’histoire coloniale.
Pour le Ciné Malraux, cette séance constitue un autre rendez-vous important. Elle permettra au public de prolonger les discussions engagées lors des premières projections et d’échanger directement avec le cinéaste.
La présence de Mounia Meddour, de Malika Bellaribi et de Malek Bensmaïl donne par ailleurs au cycle une dimension supplémentaire. Les rencontres avec les artistes et les débats doivent accompagner les films, sans se substituer à leur découverte sur grand écran.
Faire de la diversité culturelle une réalité
Au-delà des œuvres sélectionnées, Amélie Desserre insiste sur la vocation d’accueil du cinéma. L’équipe souhaite proposer des séances ouvertes à tous, avec des moments de rencontre, des discussions et des avant-premières.
« Ce qui nous tient à cœur aujourd’hui au Ciné Malraux, c’est de pouvoir accueillir tout le monde et de favoriser la diversité. Nous voulons qu’elle ne reste pas un mot écrit sur le papier, mais qu’elle prenne vie autour de nos séances », confie-t-elle à Dzdia.
Cette volonté repose sur une conviction : le cinéma peut aider chacun à mieux comprendre l’histoire et les expériences des autres. Pour cela, encore faut-il permettre au public d’accéder aux œuvres et de prendre le temps de les regarder.
« Pour que la diversité existe, il suffit d’ouvrir les portes et d’accepter de prendre le temps de regarder une histoire, une manière de raconter nos histoires communes », ajoute la responsable.
Avec « L’Algérie à l’honneur », le Ciné Malraux souhaite donc associer devoir de mémoire, découverte cinématographique et soutien aux artistes algériens. Cette première édition marque le début d’une démarche que l’équipe espère prolonger à travers de futures programmations.
