À l’occasion des festivités du 1er Novembre, le consulat d’Algérie à Milan a accueilli une exposition haute couture du créateur Massinissa Askeur. Installé en Italie depuis une décennie, l’artiste et designer met en scène une Algérie réinventée à travers la couture, le design et l’art contemporain. Dans un entretien qu’il nous a accordé, il affirme une vision où ses créations donnent une plus large visibilité de son identité plurielle.
Massinissa Askeur : Du dessin à la couture à Milan
Avant d’être styliste, Massinissa Askeur est un dessinateur amoureux des courbes et des formes naturelles. Ses premiers gestes furent des traits de crayon, ses premières œuvres, des toiles exposées de New York à Cannes, du Louvre à Milan. C’est par l’art contemporain qu’il a d’abord affirmé son regard, avant que la mode ne s’impose à lui comme un prolongement naturel.
« J’ai commencé par dessiner, puis j’ai découvert le monde du design. J’ai travaillé avec de grands stylistes italiens avant de créer ma propre marque », confie-t-il à DZDIA.
Son atelier, installé à Milan, reflète parfaitement sa double culture : classe italienne et élégance algérienne. L’Italie s’est imposée à lui comme une évidence.
« C’est la capitale de la mode, mais aussi du patrimoine. L’art, l’architecture, tout est là. »



Quand la haute couture rencontre le patrimoine algérien
Chez Askeur, chaque couture est une réminiscence. Au milieu des silhouettes structurées et des tissus nobles, se glissent des vestes karakou, des broderies berbères, des soies et dentelles avec des motifs hérités des traditions algériennes et nord-africaines.



Lui préfère parler de dialogue plutôt que de fusion : « J’essaie toujours d’inscrire mes créations dans mon histoire. Travailler la haute couture, c’est une vitrine, alors autant y montrer qui nous sommes.»
Ses modèles circulent entre Milan, Paris, Tokyo ou encore New York, mais son inspiration reste ancrée à Alger. Il affirme que le karakou, pièce emblématique de la noblesse algérienne, séduit d’ailleurs le public international.
Le design comme terrain d’expression
Massinissa Askeur ne se limite pas à la couture.
Designer dans l’âme, il multiplie les collaborations : sacs à main, bijoux, lunettes, montres suisses de luxe.
L’horlogerie est son autre passion, symbole du temps qui passe et de la précision qu’il revendique dans tout ce qu’il entreprend. Ajoutons son amour illimité pour les chevaux et le monde équestre
Un rêve : défiler en Algérie
S’il enchaîne les fashion weeks entre Milan, où il est membre de jury de la Fashion Week, Paris, Tokyo et New York, le créateur garde deux rêves chevillés au cœur :
« Faire un grand défilé à Alger, à la Casbah, et dans le désert. Quelque chose qui restera dans les mémoires. »
Des discussions sont déjà engagées avec des institutions et des partenaires en Algérie.
Un projet qui dépasserait la mode pour devenir un événement patrimonial, une célébration de la créativité algérienne sous les étoiles.
Entre Milan et Alger, Massinissa Askeur construit une passerelle d’élégance et de fierté.
Ses créations racontent un monde sans frontières, où la tradition devient moderne, où la couture se fait mémoire.
Sur chaque podium, il n’expose pas seulement des vêtements, il expose une Algérie vivante, créative et universelle.


