Le rideau est tombé sur la 13ᵉ édition du Festival du film arabe d’Oran 2025. L’événement a offert une semaine animée par les projections, les rencontres et les échanges autour du septième art. Pourtant, aucun film algérien n’a été récompensé cette année, un constat marquant dans un festival organisé sur le sol national.
Une édition sous le signe du dialogue et de la création
La ministre de la Culture et des Arts, Malika Bendouda, a présidé la cérémonie de clôture du festival, placé sous le patronage du ministère. De nombreuses personnalités locales, des artistes arabes de renom et un large public ont assisté à l’événement. Tous sont venus célébrer la vitalité du cinéma arabe.
Dans son allocution, la ministre a mis en avant la dimension humaine et culturelle de cette édition. Selon elle, la présence de grandes figures du cinéma arabe et algérien a redonné à l’événement sa place de carrefour d’échanges et de dialogue entre visions et expériences artistiques, a-t-elle déclaré, citée par l’APS.
Elle a également rappelé la présence symbolique de la Palestine, « dans le cœur de chaque artiste et intellectuel arabe ». Enfin, elle a souligné que l’esprit de Novembre liait liberté et créativité. Elle a ajouté que la beauté, selon ses mots, « reste une forme de résistance » face à la violence et à l’oubli.
Une absence remarquée pour le cinéma algérien
Parmi les 63 œuvres présentées lors du Festival du film arabe d’Oran 2025, dont 34 en compétition, plusieurs productions algériennes figuraient dans la sélection officielle. Cependant, aucune n’a été distinguée au palmarès final.
Les films primés reflètent la diversité et la vitalité des cinémas du Moyen-Orient et d’Afrique. Mais cette absence souligne la nécessité de soutenir davantage la création nationale. Elle montre aussi l’importance de renforcer la présence du cinéma algérien sur la scène régionale, encore trop discrète malgré un riche patrimoine.
À Oran, ville symbole de modernité et de culture, le festival demeure un espace essentiel pour repenser la visibilité des cinéastes algériens et encourager de nouvelles voix.
Un palmarès dominé par l’Irak et l’Égypte
Le film irakien Anachid Adam, réalisé par Oday Rashid, a remporté le Wihr d’or du long métrage. Le Wihr d’argent est revenu à La Colonie, du réalisateur égyptien Mohamed Rashad. Enfin, le Wihr de bronze a distingué le film somalien Samia, signé Yasmin Shama Dirie.
Dans la catégorie documentaire long métrage, l’Égyptien Bassem Mortada a obtenu le Wihr d’or pour Abou Zaabal 89. Le Prix du jury a, quant à lui, récompensé le film palestinien Clown de Gaza, réalisé par Abderrahmane Al Sabbagh.
Pour les courts métrages, le Wihr d’or a été attribué au film syrien Mon nom est Amal de Sanouane Haji, tandis que le Prix du jury a honoré le Libanais Karim Rahbani pour Le dernier.
La Palestinienne Clara Khoury a reçu le Prix de la meilleure interprétation féminine pour son rôle dans Merci de m’avoir appris. Le Prix du meilleur acteur a distingué le Tunisien Mohamed Amine Hamzaoui pour sa performance dans La passerelle.
Une clôture en musique et en hommages
La cérémonie de clôture du Festival du film arabe d’Oran 2025 a aussi rendu hommage à plusieurs figures du monde artistique arabe. Parmi elles : l’acteur algérien Sid-Ahmed Agoumi, l’Égyptien Yasser Galal, le Jordanien Monther Rayahneh et le musicien libanais Marcel Khalifa.
Enfin, la soirée s’est terminée dans une ambiance festive. Le public a applaudi les prestations du chanteur Cheb Mami et de la jeune artiste Zina Laarab, lauréate de l’émission Alhan wa Chabab.
