Récompensé par le prix du meilleur premier long métrage à la 76e édition du Festival international du film de Berlin, Chronicles from the Siege marque un tournant pour Fianso. Invité à Berlin pour défendre ce film palestinien réalisé par Abdallah Al-Khatib – son premier long métrage en tant que coproducteur – l’artiste franchit une nouvelle étape. Au-delà de la distinction, cette reconnaissance internationale affirme un positionnement artistique et politique pleinement assumé.
Berlin, une reconnaissance stratégique pour Fianso
«C’est mon premier long métrage en tant que producteur, et repartir avec un prix, aux côtés de nos frères palestiniens, c’est fort », nous confie Fianso, rencontré à Paris après la rupture du jeûne.
Le long métrage en question, intitulé Chronicles from the Siege (Chroniques des années de siège), marque une première incursion du rappeur-producteur dans le cinéma international.
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Synopsis
Dans une ville prise au piège du siège, Arafat tente de survivre dans un quotidien marqué par la faim et l’effondrement de tous repères. Autour de lui, d’autres trajectoires se dessinent : des jeunes confrontés à la perte de leur mémoire, un homme obsédé par des biens devenus rares, un amoureux défiant les bombardements, un opportuniste rattrapé par l’urgence. À travers ces destins croisés, Chroniques des années de siège interroge ce que deviennent les valeurs, les désirs et la solidarité lorsque la survie s’impose comme unique horizon.
Présenté en première mondiale à la Berlinale 2026, le film a remporté le GWFF Best First Feature Award, qui récompense le meilleur premier long métrage du festival. Cette distinction est stratégique. En effet, la Berlinale fait partie des trois plus grands festivals de cinéma au monde, aux côtés de Cannes et Venise. Son prix dédié aux premières œuvres bénéficie d’une visibilité internationale considérable.
Un récit palestinien porté à l’international
Réalisé par Abdallah Al-Khatib, cinéaste palestinien réfugié en Allemagne, le film s’inscrit dans la continuité de son travail documentaire, notamment Little Palestine, journal d’un siège (2021), tourné dans le camp de Yarmouk en Syrie.
Avec Chronicles from the Siege, le réalisateur passe à la fiction pour raconter le quotidien de civils palestiniens pris dans une ville assiégée. Le film explore la survie, l’attente et la peur, mais aussi les formes de résistance ordinaires. Il ne s’agit pas d’un film de guerre spectaculaire. Le récit est fragmenté, centré sur les trajectoires humaines.
Fianso résume ainsi :
« C’est vraiment le quotidien des Palestiniens pendant le siège. C’est touchant, ça vaut le coup. »
Une coproduction affirmée
Le film est coproduit par Evidence Films et 2 princes films, la structure portée par Fianso, aux côtés de Salah Issaad. Il ne s’agit donc pas d’un simple soutien symbolique, mais d’une implication formelle dans la production.
Pour l’artiste, cette expérience ouvre une nouvelle trajectoire :
« C’est un premier pas pour moi, un début. J’ai d’autres projets en production, d’autres que j’écris, et même que je veux réaliser. »
Cette déclaration laisse entrevoir une volonté de s’installer durablement dans le paysage audiovisuel.
Une continuité d’engagement
Le film devrait sortir en France et bénéficier d’une diffusion internationale via les circuits de festivals et les distributeurs indépendants. Par ailleurs, les œuvres palestiniennes trouvent régulièrement un écho dans les grands festivals européens, notamment à Berlin, historiquement attentive aux films engagés.
En s’associant à ce projet, Fianso s’inscrit dans une lignée d’artistes issus du rap français qui investissent le cinéma. Toutefois, son choix est clair : soutenir une œuvre politique portée par un réalisateur palestinien en exil.
- Au-delà du prix, une consécration
Ce premier film produit par Fianso dépasse la simple diversification de carrière. Il interroge la place des artistes français issus des diasporas dans le financement et la mise en lumière de récits internationaux.
Berlin n’a pas seulement récompensé un premier long métrage ou Fianso : le festival a donné une tribune mondiale à une histoire de siège, et à une coproduction transnationale portée, entre autres, par un rappeur français devenu producteur.
La suite ?
« On n’a pas fini de se voir », glisse-t-il.
Le cinéma semble désormais faire partie intégrante du projet.
Une actualité scénique en parallèle
En marge de cette actualité cinématographique, Fianso sera présent le 5 mars à Alger dans le cadre du One Love Festival, organisé par Djam, à l’Hôtel El Djazaïr. Cette date est annoncée alors qu’il poursuit ses activités musicales, parallèlement à ses projets de production.
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