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Le Sahara s’est invité au Cabaret Sauvage le temps d’une soirée où les guitares, les chants et les rythmes ont réuni un public venu de tous horizons. Sur scène, Kader Tarhanine et Bombino ont partagé bien plus qu’un concert. Les deux artistes ont rappelé combien la musique peut rapprocher les peuples et faire voyager au-delà des frontières.
Originaire de Tamanrasset, Kader Tarhanine s’est imposé comme l’une des figures montantes de la scène touarègue. À ses côtés, Bombino, guitariste nigérien reconnu sur les scènes internationales, poursuit depuis plusieurs décennies un parcours qui a largement contribué à faire connaître le blues du désert à travers le monde. Les deux musiciens étaient réunis le 26 juin dernier au Cabaret Sauvage, à Paris, dans le cadre du Festival d’Été. Un parcours qui a largement contribué à faire connaître le blues du désert à travers le monde.
Kader Tarhanine : « La musique n’a pas de frontières »
Après son concert, Kader Tarhanine s’est réjoui de l’accueil reçu par le public parisien. Dans une déclaration accordée à Dzdia, l’artiste a tenu à remercier les spectateurs présents malgré la concurrence d’un grand rendez-vous sportif.
« Ils sont venus nous encourager pour continuer à jouer de la musique et porter la culture algérienne partout dans le monde », a-t-il expliqué.
Interrogé sur les liens qui unissent les peuples du Sahara, le chanteur a livré une vision qui dépasse largement les frontières administratives.
« Dans la musique, il n’y a ni frontières, ni couleurs, ni pays. Nous jouons pour tout le monde. Nous sommes là pour partager la fête et montrer notre culture », a-t-il déclaré à Dzdia.
Cette idée a traversé toute la soirée. Sur scène comme dans la salle, Algériens, Nigériens, Marocains ou encore Maliens ont partagé les mêmes chants et les mêmes rythmes.
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Une musique appelée Asouf
Questionné sur l’identité de sa musique, souvent qualifiée de « Sahara blues », Kader Tarhanine préfère employer le terme « Asouf ». « Asouf, c’est le souffle du désert, sa tranquillité », a-t-il expliqué.
Selon lui, cette musique aborde de nombreux sujets. Elle évoque aussi bien la liberté que la paix ou encore les réalités de la vie dans les régions désertiques. « La musique parle de tout ce que vivent les populations du désert », a-t-il résumé.
L’artiste a également souligné l’importance de la poésie dans ses chansons. Pour lui, une bonne chanson est avant tout celle que chacun peut reprendre, même sans comprendre toutes les paroles.
Bombino raconte son lien avec le désert
De son côté, Bombino a confié à Dzdia que sa relation à la guitare remonte à son enfance. Né à Agadez, au Niger, il a découvert l’instrument au début des années 1990 en observant ses proches jouer.
« Tout ce que j’ai appris, je l’ai appris à l’oreille et en regardant les autres », a-t-il raconté.
Le musicien est également revenu sur ce qui nourrit son inspiration artistique. Pour lui, le désert reste indissociable de sa musique.
« Quand tu regardes l’immensité du désert, le silence, les étoiles, tout cela accompagne la guitare », a-t-il expliqué.
Comme Kader Tarhanine, Bombino estime que les liens humains dépassent les frontières tracées sur les cartes. « Il y a des frontières, mais il n’y a pas de frontières », a-t-il affirmé avec un sourire, évoquant les familles réparties de part et d’autre du Sahara.
Le Ténéré, symbole d’identité et de mémoire
Présent aux côtés de Kader Tarhanine, son manager Mohamed Ali a également apporté un éclairage sur la chanson « Ténéré ». Il rappelle que ce mot désigne l’immense espace désertique du Sahara.
Selon lui, ce titre porte un message fort. « Même lorsqu’il n’y a pas d’eau, les populations y vivent grâce à l’entraide et à leur attachement à cette terre », a-t-il expliqué à Dzdia.
Pour Mohamed Ali, le Ténéré représente bien plus qu’un paysage. « Toute notre histoire se trouve là », a-t-il ajouté.
Un public conquis au Cabaret Sauvage
À la sortie du concert, plusieurs spectateurs ont salué la performance des deux artistes. Certains découvraient même Kader Tarhanine pour la première fois.
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« Je ne le connaissais pas avant ce soir. J’ai passé un excellent moment », a confié un spectateur.
D’autres ont retenu le message de rapprochement porté par cette rencontre musicale. « Cette soirée montre que nous sommes proches les uns des autres », a résumé un autre participant.
Au-delà des performances musicales, cette date du Festival d’Été aura surtout mis en lumière une culture saharienne qui continue de circuler, de se transmettre et de rassembler bien au-delà des frontières.


