Une semaine de cinéma et de rencontres
Le premier Festival international du court-métrage de Timimoun s’est clôturé en dévoilant son palmarès, le mardi 18 novembre, après une semaine rythmée par des projections, des tables rondes, des colloques, des panels, des ateliers et des masterclasses. Organisé au cœur du Gourara, dans la ville oasis de Timimoun, l’événement a réuni des cinéastes, des programmateurs, des pédagogues et des critiques.
L’Afrique, dans ses dimensions esthétiques, narratives, humaines et politiques, a constitué la trame centrale de cette édition. Le festival a ainsi affirmé le court-métrage comme un véritable territoire d’expérimentation, de mémoire et de transmission.
Chaque soir, le public a répondu présent, preuve de l’intérêt suscité par cette première édition. L’enthousiasme était palpable, même si l’affluence s’est révélée plus progressive dans la salle Malek Bennabi, récemment restaurée. Peu à peu, l’événement s’est imposé comme un moment fondateur. Il a transformé le désert en espace de récit et de rencontre, suggérant qu’il pourrait devenir une terre d’avenir pour la création cinématographique en Algérie.
Un palmarès représentatif de la diversité des écritures
Le palmarès du Festival du court métrage de Timimoun, dévoilé lors de la soirée de clôture, a reflété la pluralité des écritures et des sensibilités.
- Grand Prix Gourara d’Or – Compétition fiction : Collatéral de Yazid Yettou (Algérie), tourné au cœur du Tassili N’Ajjer.
- Prix de la Meilleure Réalisation : Alazar de Beza Hailu Lemma (Éthiopie / France / Canada).
- Prix du Meilleur Scénario : Lees Waxul de Yoro Mbaye (Sénégal).
- Prix de la Meilleure Interprétation : Sonia Faidi pour The Night Watchers de Nina Khada (Algérie).
- Coup de cœur du jury : Bord à Bord de Sahar El Echi (Tunisie).
- Mention spéciale : The Last Harvest de Nuno Boaventura Miranda (Cap-Vert).
- Prix des ciné-clubs : Alazar de Beza Hailu Lemma.
- Gourara d’Or – Compétition nationale : Nya d’Imène Ayadi.
- Gourara d’Or – Meilleur documentaire : Lobi Ekosimba d’Eli Maene (Congo).
- Prix de la Distribution : Matter of Honor d’Oussama Kobbi (Algérie).
Deux mentions ont également distingué la compétition nationale : Taazrit de Kaouther Dernouni et Coup de pouce d’Abdelkader Guidoum.
Nya d’Imène Ayadi : une plongée à hauteur d’enfant
Dans la compétition nationale, Nya d’Imène Ayadi s’est particulièrement distingué. Le court-métrage parvient à faire ressentir la décennie noire à hauteur d’enfant et raconte le moment où l’innocence bascule, révélant que le monde adulte n’est ni invincible ni rassurant.
Par ailleurs, la mise en scène interroge l’imaginaire collectif lié à cette période trouble et propose une approche intime. Elle affirme ainsi la place du cinéma algérien dans l’expression des mémoires individuelles et collectives.
La transmission au cœur du festival
La question de la transmission a également marqué cette édition, notamment à travers deux courts-métrages réalisés au sein même du festival.
Le premier a été conçu par des enfants de Timimoun dans le cadre d’un atelier encadré par Karim Traïdia et Rym Takoucht. Tourné autour de la foggara de Lla Selma, en contrebas du quartier historique de Tahtait, il met en lumière le paysage et l’esprit de l’oasis à travers le regard des plus jeunes. Ce film constitue un message fort, lisible à plusieurs niveaux.
Le second, réalisé en seulement deux jours par Salah Issaad, rend hommage au grand-père du cinéaste, disparu durant le festival. Le court-métrage mêle émotion, spontanéité et humour, témoignant clairement de la dimension humaine qui a traversé cette première édition.
Timimoun, nouveau laboratoire du court-métrage
Timimoun s’est révélée, bien au-delà de son décor, comme un véritable laboratoire de cinéma. La ville a permis l’éclosion d’idées, de rencontres et d’apprentissages, notamment grâce à l’immersion des participants dans l’oasis.
Ainsi, cette première édition trace déjà un chemin prometteur. Elle laisse entrevoir un ancrage durable du court-métrage en Algérie et suggère que le Sahara pourrait devenir un nouvel espace de création cinématographique sur le continent.

