La perle rouge du Gourara s’apprête à célébrer le septième art. Pour la première fois, Timimoun accueillera un festival international du court métrage, du 18 au 23 novembre. Cet événement est appelé à transformer durablement le paysage culturel du Sahara algérien.
Sous la lumière dorée du désert, cette oasis mythique deviendra un carrefour cinématographique africain. Elle réunira réalisateurs, producteurs, acteurs et cinéphiles venus du continent et d’ailleurs.
Tinerkouk, nouveau pôle cinématographique du Sud
Le choix du Gourara n’est pas anodin pour accueillir le festival international du court métrage de Timimoun. En effet, à une soixantaine de kilomètres au nord de Timimoun, le fort de Tinerkouk s’affirme comme un futur pôle stratégique du cinéma algérien.
Conçu pour devenir la première ville de production cinématographique du Sud, ce site symbolise une ambition nouvelle : ancrer l’industrie du film dans le Sahara.
Selon Fayçal Sahbi, directeur artistique du festival, « Timimoun a vocation à devenir un lieu de rencontre privilégié pour les créateurs africains et internationaux ».
Par son architecture en terre rouge, ses palmeraies verdoyantes et ses paysages lunaires, la région offre un décor naturel d’exception. Elle est déjà prisée par de nombreux cinéastes.
47 films et une ouverture signée Rachid Bouchareb
Pendant six jours, Timimoun deviendra le cœur battant du court métrage africain. Le festival proposera quarante-sept films : dix-neuf fictions, treize documentaires et quinze productions nationales, répartis sur trente et une projections. Cette première édition est placée sous la présidence du cinéaste congolais Dieudo Hamadi pour le jury fiction, de Mounes Khammar pour la compétition nationale, et de l’Égyptien Tahri-El pour le jury documentaire.
L’ouverture sera marquée par l’avant-première africaine du documentaire Boomerang Atomic (21 min, 2025) du réalisateur Rachid Bouchareb.
Par ailleurs, cette première édition place le Sénégal au centre du programme en tant que pays invité d’honneur. C’est un hommage à une cinématographie africaine audacieuse et poétique.
Ainsi, le festival témoigne du désir d’ancrer Timimoun dans une dynamique panafricaine. Cette coopération culturelle Sud-Sud vise à renforcer les liens entre les cinémas du Maghreb et de l’Afrique de l’Ouest, tout en encourageant la collaboration et la coproduction.
Un espace d’échanges et de transmission
Au-delà des projections, le festival se veut un espace de transmission et d’échange. Plusieurs tables rondes, masterclasses et ateliers sont au programme.
Parmi les temps forts attendus, car hautement contextuelle, la rencontre intitulée « Filmer le désert : kit de survie esthétique du DOP » réunira des directeurs de la photographie de renom : Nezar Shaker (Égypte), Moerman David (Belgique), Sofiane El Fani (Tunisie) et Chemseddine Touzane (Algérie). Ils partageront leurs expériences de tournage dans des conditions extrêmes. Ils évoqueront la lumière, la matière, la chaleur et la manière dont le Sahara devient un véritable personnage du cinéma africain.
Former les jeunes du Gourara
Le festival accorde une place privilégiée à la jeunesse. Ainsi, le réalisateur et scénariste Hakim Traïdia animera un atelier de cinéma destiné aux enfants de 8 à 16 ans.
L’objectif est d’éveiller leur curiosité, de transmettre le goût du récit et d’offrir aux jeunes du Gourara leurs premiers pas derrière la caméra.
De plus, le Grand Prix Gourara d’or rendra hommage à la richesse culturelle de la région et récompensera le meilleur court métrage toutes catégories confondues.
Trois autres distinctions primeront la meilleure réalisation, le meilleur scénario et la meilleure interprétation. Ces récompenses visent à encourager la créativité africaine et à valoriser les nouvelles voix du cinéma saharien. Elles offriront aussi une visibilité internationale aux jeunes talents.
Carte blanche à Abdenour Zahzah
Le festival offrira une carte blanche au documentariste Abdenour Zahzah. Il présentera une sélection de courts métrages algériens emblématiques : Cousines de Lyes Salem, Khouya de Yanis Koussim, Les Pieds sur terre d’Amine Hattou, That’s Lovely Life de Rami Aloui, Souktou de Khaled Benaïssa et Rumeurs de Mohamed Latteche.
À travers ces œuvres, l’Algérie contemporaine se dévoile dans toute sa diversité : sociale, poétique et profondément humaine.
Timimoun, du décor au pôle de création
Longtemps perçue comme un simple décor naturel, Timimoun franchit aujourd’hui une étape majeure. L’oasis devient un véritable pôle de création, de production et de rayonnement culturel.
Le désert n’est plus seulement un cadre : il devient un écran vivant, un espace d’expression, de mémoire et de projection vers l’avenir.
Sous le soleil rouge du Gourara, ce festival marque les prémices d’une renaissance cinématographique saharienne. Elle est porteuse d’identité, d’ouverture et de dialogue entre les cultures.
