Montréal s’apprête à accueillir une figure majeure de la musique arabo-andalouse. Dans le cadre du Festival du Monde Arabe, Lila Borsali chantera l’exil à travers Ya Ghorbati, un concert qui met en lumière les histoires de migration et de séparation. « Je viens vous annoncer notre prochaine station qui sera à Montréal. Nous participons au Festival du Monde Arabe et nous sommes très heureux de venir à la rencontre du public DZ de Montréal » confie Lila Borsali à Dzdia. Ainsi, le spectacle promet de mêler émotions et nuances musicales autour de la thématique de l’exil.
Lila Borsali : une voix et un parcours exceptionnels
Prédestinée au chant, Lila Borsali commence la musique dès l’âge de onze ans en apprenant la mandoline. Ensuite, elle rejoint rapidement l’orchestre senior de l’association Ahbab Cheikh Larbi Bensari et devient l’une des solistes principales. En 1995, elle part pour Paris, où elle poursuit des études d’architecte-designer tout en approfondissant ses connaissances en musique andalouse et en jouant de la kouitra. Pendant ses années en France, elle collabore avec des figures emblématiques de la musique andalouse, dont Amine Mesli et Yahia Ghoul. De plus, elle participe à plusieurs enregistrements.
De retour en Algérie en 2009, Lila Borsali enregistre son premier CD en tant que soliste. Elle intègre également l’association Les Beaux Arts d’Alger. Ensuite, elle multiplie les concerts et les albums, dont Frak Lahbab en 2010, Nouba Rasd Eddil en 2012, Nouba Ghrib en 2013, Nouba Hosn Es-Selim en 2015 et Nouba Pour l’Espoir en 2018. Ces réalisations confirment son rôle de soliste incontournable dans le répertoire arabo-andalou.
Grâce à son parcours riche et diversifié, Lila Borsali présentera au public montréalais une interprétation de Ya Ghorbati qui témoigne de sa maîtrise musicale et de son sens artistique.
Un concert à Montréal dans le cadre du Festival du Monde Arabe
Ya Ghorbati invite le public à explorer les thèmes de l’exil et de la mémoire à travers des chants et des compositions qui traversent le temps. « Nous revenons avec un spectacle sous le titre Ya Ghorbati. Comme vous l’avez deviné, ça parle d’exil et cette thématique est très présente dans la musique andalouse, depuis l’Andalousie jusqu’à aujourd’hui » explique Lila Borsali à Dzdia. Ainsi, le public pourra découvrir des œuvres marquantes et des chants qui relient passé et présent.
Répertoire et influences musicales
Au programme, Lila Borsali interprétera des classiques de la musique andalouse et du chaabi, ainsi que des compositions de Toufik Benghabrit et des chansons kabyles. « On va chanter de la musique andalouse, il y aura quelques classiques, même du chaabi. Il y aura des compositions de Monsieur Toufik Benghabrit, mais aussi de la chanson kabyle, car l’exil est une thématique qu’on retrouve souvent dans la chanson kabyle. On chantera du Cheikh El Hasnaoui et du Slimane Azem » précise Lila à Dzdia.
Dialogue musical sur l’exil avec Fairouz Oudjida
Dans le cadre du festival, Lila Borsali partagera également la scène avec Fairouz Oudjida pour un dialogue musical intitulé Musique, voix et migration : regards croisés de femmes artistes. Animé par Caroline Marcoux-Gendron (UQAM / HEC) et Kayvan Jafarinejad (EHESS / CRAL), cet échange met en lumière les parcours artistiques des deux chanteuses et la manière dont la migration influence leur répertoire et leur expression. Les participants sont invités à écouter non seulement les notes, mais aussi les silences qui portent la mémoire des exils et les élans qui traversent les générations. Enfin, ce choix d’interprétations met également en valeur la dimension féminine de l’expérience musicale, à travers le regard et la présence des deux artistes qui font entendre leurs voix et leurs histoires dans un échange harmonieux avec le public.
Un rendez-vous à ne pas manquer
Le concert promet une expérience où chaque chant devient un pont entre les histoires individuelles et collectives. « Soyez au rendez-vous, ça sera le 8 novembre à la Cinquième salle, située au sein de la Place des arts à Montréal » rappelle Lila Borsali à Dzdia. Avec Ya Ghorbati, la chanteuse invite son public à un voyage musical empreint de souvenirs, de rencontres et d’émotions partagées.
