Le mois de Ramadan demeure, en Algérie, une période déterminante pour la production audiovisuelle nationale. Chaque année, les chaînes de télévision intensifient leurs efforts pour proposer des œuvres capables de capter l’attention d’un public attaché à la fiction télévisée durant ce mois, marqué par la convivialité familiale et une consommation accrue de contenus culturels. L’édition 2026 confirme cette dynamique, avec une programmation riche, portée par les chaînes publiques et privées soucieuses d’élargir leur offre et de répondre à des attentes de plus en plus diversifiées.
Un peu d’humour
Parmi les productions les plus attendues figure le retour de l’acteur Merouane Guerouabi dans la comédie « Dégourdi ». Fidèle à son registre humoristique, l’artiste y incarne un personnage ingénieux et débrouillard, évoluant dans des situations du quotidien traitées sur le mode de la légèreté.
Dans la même veine comique, un nouveau sitcom humoristique, “Nohw Oumia”, met en scène Hafsa Mahiou, l’influenceuse, aux côtés de Bouchra Oqbi. Ce type de feuilleton s’inscrit dans la tradition des comédies sociales. Elles rencontrent régulièrement un large succès durant le ramadan, période où l’humour occupe une place privilégiée dans la programmation télévisuelle.
Une programmation marquée par le drame social et les fresques familiales
Au-delà de la comédie, la fiction ramadhanesque reste largement dominée par les récits dramatiques et les fresques familiales, explorant les mutations sociales et les relations intergénérationnelles.
L’Établissement public de télévision (EPTV) mise sur plusieurs productions, dont « Al Hasla 2 » de Sofiane Hargous avec Mohamed Bouchaib et Mahdjane Asma, qui prolonge un univers narratif déjà installé. Une deuxième saison de la sitcom El Fira de Youcef Mahsas avec Nadia Baroud et Talbi Yacine à l’affiche.
Ces séries suivent une dramaturgie attentive aux transformations de la société algérienne. Elles mettent en scène conflits familiaux, parcours individuels et tensions sociales.
Les chaînes privées consolident leur position.
Les chaînes privées poursuivent, de leur côté, leur stratégie d’investissement dans des productions originales, souvent axées sur des intrigues sociales contemporaines. Echourouk TV propose ainsi « El Barrani 2 », suite d’une série ayant déjà rencontré un accueil favorable auprès du public. La reconduction de cette production traduit une volonté de fidéliser les téléspectateurs en développant des univers narratifs déjà familiers.
Dans cette programmation marquée par la reconduction de formats populaires, on signalera le retour du duo Nabil Asli et Adila Bendimerad dans Rebaâ sur Echourouk TV, l’événement télévisuel attendu par les fans. Forts de leur complicité unique et de leur humour décalé, les deux acteurs promettent une satire sociale percutante qui devrait, une fois de plus, dominer les audiences et marquer les esprits par sa qualité d’écriture.
El Bilad TV mise sur « Dar Essed », un drame familial. La série est marquée par la participation de la rappeuse et MC Raja Meziane, qui y incarne Meriem, une jeune femme confrontée à la précarité sociale. L’intrigue, encore peu dévoilée, s’annonce centrée sur des trajectoires humaines complexes et sur les mécanismes de résilience face aux difficultés sociales.
De son côté, El Hayat TV diffuse « El Mouhajir », porté notamment par l’acteur Mohamed Khassani. La série aborde la question sensible de la migration, une thématique centrale dans les réalités contemporaines algériennes et souvent traitée sous un angle émotionnel et sociétal.
Entre fresque historique et coproductions internationales
La saison 2026 se distingue également par des propositions qui élargissent les cadres narratifs traditionnels. Samira TV présente ainsi « Fatma », une fresque historique située au XIXᵉ siècle et réalisée par Djaffar Gacem. La série retrace le parcours d’une jeune femme passionnée de musique, proposant une immersion dans un contexte culturel et artistique rarement exploré à l’écran. La chaîne propose également le drame « El Kiyya », production portée par plusieurs comédiens, dont Lydia Chebout. La deuxième saison de « El Firaq », poursuit son immersion dans les tensions et contradictions du quotidien domestique, tout en conservant une dimension accessible et populaire.
Dans une perspective d’ouverture régionale, la coproduction algéro-égyptienne « Hassla fi Cairo » réunit plusieurs figures du paysage artistique, notamment Khassani, Souhila Maalem et l’actrice égyptienne Aida Ryad. Ce projet illustre la volonté croissante de développer des collaborations transnationales capables d’élargir la diffusion des productions algériennes et de favoriser les échanges artistiques.
Une présence féminine de plus en plus affirmée
La programmation met également en lumière une présence notable d’interprètes féminines occupant des rôles centraux. L’actrice Mina Lachter revient à l’écran avec plusieurs participations, notamment dans « El Khezana » réalisée par Yacine Mahfoud aux côtés de DZJoker. Cela confirme la place grandissante accordée aux personnages féminins dans la fiction télévisuelle.
Par ailleurs, la série « Moulet Edar », diffusée sur Ennahar TV et réalisée par Damien Ounouri, s’inscrit dans une approche narrative centrée sur les relations sociales et familiales. Elle est portée par un casting réunissant Nadia Kaci, Krimo, Ahmed Zitouni, Slimane Benouari et Sarah Guendouz. L’actrice a été révélée au grand public par le film Houria de Mounia Meddour. Elle illustre un dialogue entre cinéma et télévision, de plus en plus visible dans la production audiovisuelle nationale.
Entre continuité et renouvellement
La programmation du ramadan 2026 illustre un équilibre entre la reconduction de formats ayant fait leurs preuves et l’exploration de nouveaux registres narratifs. Les comédies populaires, les sagas familiales et les drames sociaux continuent d’occuper une place centrale. Elles laissent également apparaître une ouverture progressive vers des récits historiques, musicaux ou transnationaux.
Au-delà de leur dimension divertissante, les séries ramadhanesques constituent un véritable phénomène culturel en Algérie. Elles participent à la construction d’imaginaires collectifs, nourrissent les débats sociétaux et contribuent à valoriser la création artistique nationale.
La programmation 2026 confirme ainsi la place centrale de la fiction télévisée dans les pratiques culturelles liées au ramadan. En proposant un éventail varié de productions, les chaînes algériennes cherchent à maintenir l’intérêt d’un public fidèle. Elles accompagnent également l’évolution des sensibilités narratives et esthétiques dans un paysage audiovisuel en pleine mutation.

