Du 4 au 13 décembre, Djeddah deviendra le théâtre d’une programmation qui attire chaque année professionnels, cinéphiles et observateurs du monde arabe : le Red Sea Film Festival. Cette fois, trois présences algériennes se distinguent. Deux œuvres entrent en sélection et un hommage sera consacré à l’un des réalisateurs les plus influents de la région SWANA. Ainsi, l’Algérie occupera une place centrale dans cet événement.
Avant d’aborder les films retenus, il est utile de revenir sur les trois artistes présents. Yanis Koussim, Zoulikha Tahar et Rachid Bouchareb proposent chacun une approche différente. Leur parcours et leurs thématiques de création façonnent des visions contrastées, ce qui enrichit la présence algérienne au festival.
Roqia de Yanis Koussim, un récit situé en 1993
Roqia suit Ahmed, un jeune homme revenu dans son village après un accident qui lui a fait perdre la mémoire. Il découvre une communauté qu’il ne reconnaît plus. Il remarque aussi la disparition de son index droit, un détail partagé avec un exorciste qui occupe une place centrale dans l’histoire.
Le film évoque les traces laissées par la décennie noire. Il met également en avant les répercussions durables de cette période sur ceux qui l’ont traversée. Ali Namous, Akram Djeghim et Mostefa Djadjam portent les rôles principaux. Par ailleurs, Roqia concourt pour le prix Yusr.
El’Sardines de Zoulikha Tahar, une femme face à un choix déterminant
El’Sardines, réalisé par Zoulikha Tahar, suit Zouzou, une femme partagée entre ses responsabilités familiales et la perspective d’une expédition scientifique. Cette opportunité pourrait transformer son avenir. Le récit s’attache à ce moment de bascule. Il met aussi en lumière les implications concrètes d’un choix décisif.
Un hommage consacré à Rachid Bouchareb
Le festival rendra hommage au réalisateur franco-algérien Rachid Bouchareb. Depuis la création de 3B Productions en 1990, il a signé des films comme Indigènes, Cheb, Dust of Life, Little Senegal, Days of Glory et Outside the Law. Son parcours s’est construit dans plusieurs territoires. De plus, son œuvre a trouvé un écho important à l’international. Cet hommage revient sur une carrière marquante dans le paysage cinématographique franco-algérien.
Une édition qui met en lumière l’Afrique du Nord
Aux côtés des œuvres algériennes, la programmation inclura With The Wind et Quo Vadis Meryem! pour le Maroc. La Tunisie sera présente avec The Voice of Hind Rajab de Kaouther Ben Hania. Le film sera projeté pour la première fois en Arabie saoudite. Ainsi, cette édition offrira une place notable au cinéma nord-africain.
Le festival investit le quartier historique d’Al Balad
Pendant dix jours, Al Balad accueillera projections, avant-premières, rétrospectives, compétitions et rencontres professionnelles. Cette cinquième édition confirme ainsi l’importance du festival dans le paysage culturel régional.

