Onze ans après sa disparition, Assia Djebar continue d’occuper une place majeure dans le paysage littéraire. Ses textes, largement lus, étudiés et transmis, traversent le temps sans perdre leur force. À l’occasion de l’anniversaire de sa mort, survenue le 6 février 2015 à Paris, la créatrice de contenu littéraire Algerian Bookreaders propose pour Dzdia une sélection de sept ouvrages pour (re)découvrir une œuvre qui demeure essentielle.
Assia Djebar, une figure majeure de la littérature universelle
Née à Cherchell en Algérie en 1936, Assia Djebar, de son vrai nom Fatima-Zohra Imalhayène, publie son premier roman, La Soif, en 1957. Au fil des décennies, elle construit une œuvre abondante, composée de romans, de nouvelles, de poésie, de théâtre et d’essais, traduite dans de nombreuses langues. Son travail est reconnu à l’échelle internationale. Elle est membre de l’Académie royale de Belgique, docteur honoris causa de plusieurs universités prestigieuses et devient, en 2005, la première écrivaine nord-africaine élue à l’Académie française.
Considérée comme l’une des autrices les plus importantes et influentes de sa génération, Assia Djebar s’est éteinte le 6 février 2015. Pourtant, ses livres connaissent une large réédition et distribution, suscitant l’interêt de nouveaux lecteurs à travers le monde.
Une sélection d’ouvrages choisie par Algerian Bookreaders
Sollicitée par Dzdia, Nelia Salem a détaillé les choix qui composent cette sélection d’Algerian Bookreaders, pensée comme un parcours à travers l’œuvre d’Assia Djebar.
« Onze ans après sa disparition, Assia Djebar ne cesse de nous marquer par ses textes et la beauté de ses écrits. À cette occasion, j’ai sélectionné sept ouvrages qui pourraient vous plaire, à découvrir ou redécouvrir. »
Romans, théâtre et poésie composent cette sélection, qui met en lumière différentes facettes de son écriture.
La femme sans sépulture
Parmi les premiers titres recommandés figure La femme sans sépulture.
« Le premier est La femme sans sépulture, qui raconte l’histoire de la chahida Yamina Oudaï, assassinée durant la Guerre de Libération. »
Un roman centré sur l’histoire d’une grande figure de la résistance féminine dans la région cherchell, capturée, torturée puis assassinée sans jamais livrer son corps à sa famille. Ses ossements ont été retrouvés dans les années 80 et enterrés aux côtés de ses frères martyrs.

Les nuits de Strasbourg
Autre ouvrage retenu, Les nuits de Strasbourg, qui explore une autre dimension de l’œuvre de Djebar.
« Les nuits de Strasbourg est une histoire d’amour portée par plusieurs personnages, sur fond historique. »
Un roman qui croise trajectoires individuelles et contexte politique.

Rouge l’aube
La sélection inclut également une pièce de théâtre moins connue du grand public.
« Le troisième, que vous ne connaissiez peut-être pas, est une pièce de théâtre intitulée Rouge l’aube. Elle a été écrite par Assia Djebar avec son ex-époux, Walid Carn. »
Un texte qui rappelle l’importance du théâtre dans son travail.
La Soif
Impossible d’évoquer Assia Djebar sans revenir à son premier roman.
« La Soif est le tout premier roman d’Assia Djebar. Elle l’a écrit lorsqu’elle avait 17 ou 18 ans. On lui a longtemps reproché ce livre, notamment son manque d’engagement, mais je le recommande vivement. »
Un texte fondateur, souvent relu à la lumière de l’ensemble de son œuvre, où elle exprime à chaque fois ce thème récurrent qu’est la soif de justice et de liberté.

Ombre Sultane
Parmi les choix plus personnels de Nelia Salem, Ombre Sultane occupe une place particulière.
« Ombre Sultane est mon préféré, notamment parce que Djebar y dépeint plusieurs personnages féminins, avec un engagement remarquable. »
Un roman qui met en scène des figures féminines complexes, notamment dans un contexte de polygamie.

Pour l’Algérie heureuse
La sélection met aussi en avant un aspect parfois méconnu de l’autrice : la poésie.
« Peu de gens savent qu’Assia Djebar a aussi écrit des poèmes. Pour l’Algérie heureuse est un ouvrage assez rare, mais qu’il faut chercher. Je pense que l’on y trouve des proses et des poèmes d’une grande qualité. »
Un livre moins accessible, mais central pour comprendre la diversité de son écriture.
Le Blanc de l’Algérie
Enfin, la sélection se conclut avec Le Blanc de l’Algérie.
« Le Blanc de l’Algérie évoque la mort et la disparition de ses amis proches pendant la décennie noire. »
Un ouvrage marqué par le deuil et la mémoire, qui clôt cette sélection d’Algerian Bookreaders consacrée à Assia Djebar.


