Petit-neveu d’Idir, Sinay213, de son vrai nom Yanis Maadini sort son tout premier EP, AZZA. Cinq titres comme cinq fragments d’identité, entre hommage, amour et engagement. De la Kabylie à la scène parisienne, le jeune artiste trace un chemin qui relie la mémoire à la modernité.
Un premier pas, déjà habité par l’héritage
« J’ai sorti un projet de cinq titres qui s’appelle AZZA, centré sur mes racines algériennes. »
Pour sa première sortie, Yanis ne choisit pas la facilité. Là où d’autres se cherchent, lui affirme d’emblée ses origines, sa filiation et sa voix.
Le premier morceau Yemma, est un hommage vibrant à sa mère, mais aussi à Idir, légende de la chanson algérienne et cousin de son grand-père.
« J’ai samplé Vava Inouva, j’ai tourné le clip à Beni Yenni, dans son village qui est le mien aussi. C’était important pour moi, pour ma famille. »
Là-bas, entre les montagnes de Kabylie, il rend hommage à la musique qui l’a bercé.
Un geste d’amour et de reconnaissance, mais aussi une manière de reconnecter une génération à ses racines.
Cinq titres comme cinq miroirs
AZZA, c’est cinq morceaux et autant d’univers :
- Yema, donc, la tendresse et la mémoire.
- Baïda, déclaration à Alger.
- 2h13, une histoire d’amour contrariée par la musique.
- FREEPAL morceau dédié à la Palestine, entre douleur et solidarité.
- Et SAHIT un feat avec le groupe kabyle AmZik, fusion entre rap français et chanson berbère.
« Chaque titre représente une partie de moi, et une partie de l’Algérie aussi », explique-t-il.
À travers ces cinq morceaux, Le jeune rappeur de 23 ans construit un pont entre générations, entre la chanson d’hier et les sonorités d’aujourd’hui.
Entre trapp et chaâbi, un son métissé
« Mes inspirations n’ont aucun sens », dit-il en riant. « Ça va de la trap américaine au reggaeton espagnol, en passant par le chaâbi et les musiques kabyles. » Cette diversité est sa force. Là où certains tracent une ligne, lui brouille les frontières. Son énergie puisent dans les rythmes et les émotions.
De Rennes à Beni Yenni, Sinay213 incarne une génération qui s’autorise à tout mêler, sans s’excuser de ses influences.
Une filiation et une promesse
Le lien avec Idir n’est pas qu’un héritage familial ou un lien de parenté. C’est une responsabilité.
« Pour moi, Idir, c’est une légende. Le sampler, c’était un hommage, mais aussi une manière de dire : je viens de là. »
En reprenant Vava Inouva, il fait le pari de lier tradition et modernité sans trahir aucune des deux. C’est cette tension, entre respect et création, entre transmission et affirmation, qui donne tout son relief à AZZA.
Avec AZZA, Sinay213 signe une première œuvre dense, sincère et ancrée. Un EP qui ne cherche pas à plaire, mais à dire, avec pudeur, fierté et sens.
Entre la mémoire d’Idir et les sons d’aujourd’hui, il prouve qu’une nouvelle voix algérienne peut se lever et faire connaître son histoire.
Un premier pas, déjà plein d’avenir.
