Pour ce qui aurait dû être son 70ème anniversaire, le poète disparu Matoub Lounès était sur toutes les lèvres ce dimanche 1er février 2026. En effet, lors d’un concert hommage au Cabaret Sauvage, l’âme du poète et chanteur kabyle s’est ravivée le temps d’une soirée poignante aux allures de veillée mémorable.
Un hommage sur scène
« L’esprit de Matoub Lounès vit encore et toujours parce que nous sommes là pour interpréter ses œuvres et de nouveaux talents suivront», lance fièrement le chanteur Brahim Tayeb dans le vacarme du Cabaret Sauvage. Dans le cadre de cette soirée hommage, la salle de spectacle du 19e arrondissement de Paris prenait des airs de village kabyle à l’occasion du 70ème anniversaire de la légende disparue.
« Il représente beaucoup de nostalgie pour moi… Sa musique remplissait nos voitures quand on faisait ces longs trajets pour monter au village. Je pense que beaucoup dans le public partagent ce sentiment», glisse de son côté Celia Maqâm, star montante de la scène algérienne à Paris.
Sous le chapiteau rouge du parc de la Villette, les drapeaux amazighs flottent, tandis que les tenues traditionnelles kabyles sont de sortie. Les familles se serrent pour rendre hommage au poète. Pour beaucoup d’entre eux, Matoub Lounès était comme un membre à part entière de leur vie.
« Matoub Lounès m’a bercé… Il nous a tous bercés ! », résume le rappeur Fianso, dans un coup de vent.

Un répertoire revisité
Une dizaine d’artistes se sont succédé pour revisiter son répertoire entre chaabi, folk et rock. Parmi eux Baaziz, Celia Maqâm, Brahim Tayeb, Cheikh Sidi Bémol ou encore Belaid Branis. D’ailleurs, ce dernier a cloué le show aux côtés du célèbre duo Djam et Timoh. Le tout, dans une explosion qui transformait l’hommage en une célébration joyeuse, les téléphones brandis tel des bougies.
Entre deux morceaux, les artistes ont raconté « l’insoumis », défenseur acharné de la langue amazighe.
« C’est LE symbole de la lutte pour la liberté et la justice. Il s’est sacrifié pour nous », lâche Cheikh Sidi Bémol, le regard lointain. Une autre façon de se rappeler le chanteur tué par balle en pleine décennie noire. (le 25 juin 1998, à l’âge de 42 ans).
Un héritage musical toujours vivant
Rebelle dans ses idées, c’est aussi musicalement que Matoub Lounès brisait les codes. « Il n’hésitait pas à oser des rythmes en cinq temps, à casser les mesures », poursuit Cheikh Sidi Bémol dans les coulisses du Cabaret Sauvage. Dans le même temps, le public entonne en fond le célèbre titre Yehwa-yam, dans un murmure partagé. Un moment suspendu pour se rappeler Matoub, faire vivre son esprit “et transmettre son héritage aux nouvelles générations !”, termine Celia Maqâm.

