Le Prix littéraire de la Grande Mosquée de Paris a dévoilé son palmarès 2026 ce mardi 13 octobre, lors de sa cinquième édition. La comédienne Rachida Brakni, le journaliste Akram Belkaïd et l’historienne Sylvia Chiffoleau figurent parmi les lauréats. Le jury a également rendu hommage à l’académicienne Assia Djebar en lui attribuant le Prix du centenaire pour l’ensemble de son œuvre.
Le recteur de la Grande Mosquée de Paris, Monsieur Chems-Eddine Hafiz, a présidé le jury de cette cinquième édition, rassemblant des personnalités de la culture, de l’université, de la littérature et de l’édition.
Parmi ses membres figurent notamment les écrivaines Djaïli Amadou Amal, Amina Damerdji et Delphine Jouenne, le philosophe Souleymane Bachir Diagne, l’historien Benjamin Stora, ainsi que le journaliste et éditeur Jean-Louis Gouraud. La composition du jury est complétée par Lucie Bressy, Manuel Carcassonne (directeur général des éditions Stock), Claude Colombini (directrice des publications de Frémeaux & Associés), Jérôme Cotillon, Aïcha Mokdahi, Pierre Leroy et Martine Heissat. Tous ont eu la tâche de sélectionner, parmi les huit finalistes, les lauréats des catégories roman et essai, à travers des ouvrages consacrés à la mémoire, aux sociétés arabes et à la compréhension de l’autre.
Le palmarès 2026 a mis en lumière des auteurs aux approches variées et des ouvrages qui éclairent différentes facettes du monde contemporain.
Rachida Brakni primée pour son premier roman
Le prix du meilleur roman 2026 revient à Rachida Brakni pour La Part absente (Ed. Stock 2026) La comédienne et réalisatrice est ainsi récompensée pour son deuxième roman après Kaddour publié en 2024 aux éditions Stock.
S’exprimant au micro de Dzdia, la lauréate a partagé sa joie de recevoir cette distinction pour ses débuts en littérature. Elle a également évoqué la mémoire de son père, avec qui elle aurait aimé partager ce moment.
« Mon père Kaddour aurait été très heureux que sa fille reçoive ce prix de littérature à la Grande Mosquée de Paris », a-t-elle déclaré à Dzdia.

Akram Belkaïd récompensé pour son livre sur le ramadan
Dans la catégorie du meilleur essai 2026, le jury a distingué Akram Belkaïd, ancien rédacteur en chef du Monde diplomatique, pour Chroniques du ramadan, voyage intimiste au cœur du jeûne.
Dans cet ouvrage, l’auteur explore avec une analyse fine et beaucoup d’humour les dimensions personnelles, culturelles et spirituelles du ramadan.
Auprès de Dzdia, Akram Belkaïd s’est réjoui de voir son livre récompensé, tout en évoquant l’impact de sa participation à l’une de nos rencontres littéraires organisée au mois de ramadan dernier, à la librairie Aïcha.
« Je suis très content que ce Voyage intimiste au cœur du jeûne ait reçu ce prix. Ce qui me rend encore plus heureux, c’est le retour des lecteurs et des professeurs qui me disent que ce livre leur a permis de mieux comprendre leurs élèves musulmans », a-t-il confié à Dzdia.

Sylvia Chiffoleau distinguée par le jury
Le jury de cette cinquième édition a décerné une mention spéciale à l’historienne Sylvia Chiffoleau pour Une histoire du temps dans le monde arabe, publié chez CNRS Éditions.
Dans cet ouvrage, l’historienne étudie la manière dont les sociétés arabes ont pensé, vécu et organisé le temps. Elle apporte ainsi un éclairage historique sur des réalités culturelles et sociales complexes.
Sylvia Chiffoleau a fait part de son émotion à Dzdia après avoir reçu cette distinction.
« C’est avec beaucoup d’émotion que j’ai reçu la mention spéciale du jury du Prix littéraire de la Grande Mosquée de Paris pour mon livre, à travers lequel j’ai essayé de raconter la vie des sociétés arabes », a-t-elle déclaré.
Cette distinction salue un travail de recherche qui enrichit la connaissance des sociétés arabes et met en évidence leur diversité historique et culturelle.
Contrairement à certains stéréotypes répandus, les sociétés du monde arabe ne sont aucunement indifférentes au temps. Elles savent, au contraire, se mouvoir dans la pluralité de ses expressions.

Assia Djebar célébrée pour l’ensemble de son œuvre
Autre temps fort de cette cinquième édition, le Prix du centenaire a été attribué à Assia Djebar pour l’ensemble de son œuvre.
Le prix a été remis à sa fille, Jalila Imalhayène-Djennane. À cette occasion, elle a souhaité évoquer la mémoire de l’écrivaine en lisant un extrait de « La Beauté de Joseph », texte qu’elle a édité à titre posthume, et en présentant deux tenues emblématiques exposées durant la soirée. La première est celle qu’Assia Djebar portait lors de son entrée à l’Académie française. La seconde est un karakou ayant appartenu à la grand-mère de l’écrivaine.
Ces deux pièces témoignent d’un héritage littéraire, familial et culturel. Elles permettent également de mieux connaître la femme derrière l’œuvre et les racines qui ont nourri son parcours.
En lui consacrant cette distinction, le Prix littéraire de la Grande Mosquée de Paris rend hommage à une œuvre dont la portée dépasse les frontières et les générations. Cette reconnaissance souligne la place essentielle d’Assia Djebar dans le dialogue interculturel et la transmission des mémoires.
Transmission et dialogue au cœur du palmarès 2026
Avec Rachida Brakni, Akram Belkaïd et Sylvia Chiffoleau, le palmarès 2026 a réunit des approches littéraires variées. Les ouvrages distingués abordent le récit personnel, le fait religieux et l’histoire des sociétés arabes.
Avec cette cinquième édition, le Prix littéraire de la Grande Mosquée de Paris poursuit son objectif : distinguer des œuvres qui nourrissent la réflexion, favorisent la découverte et encouragent le dialogue intercivilisationnel.




