L’écrivain, scénariste et réalisateur Mehdi Charef est décédé à l’âge de 73 ans, dans la nuit du 9 au 10 juin, à son domicile en Île-de-France. Né le 24 octobre 1952 à Maghnia, dans le nord-ouest de l’Algérie, il rejoint la France avec sa famille en 1962. Après plusieurs années passées dans les cités de transit et le monde ouvrier, il se tourne vers l’écriture, puis vers le cinéma.
Une œuvre fondatrice
Sa carrière prend un tournant majeur en 1983 avec la publication de Le Thé au harem d’Archi Ahmed. Le roman devient une référence de la littérature issue de l’immigration maghrébine en France. Deux ans plus tard, il en signe l’adaptation cinématographique sous le titre Le Thé au harem d’Archimède. Le film reçoit notamment le César du meilleur premier film en 1986.
De l’exil à la transmission
Au fil de sa carrière, Mehdi Charef réalise plusieurs longs-métrages remarqués, parmi lesquels Miss Mona, Au pays des Juliets, Cartouches gauloises ou encore Graziella. En parallèle, il poursuit une œuvre littéraire saluée pour son regard sensible sur l’exil, la mémoire et les parcours des familles immigrées entre l’Algérie et la France.
Figure majeure de la littérature franco-maghrébine contemporaine, il a contribué à faire entendre la voix de toute une génération à travers des récits marqués par les questions d’exil, d’identité et de transmission.
L’Algérie et la France perdent aujourd’hui l’une des grandes voix de la mémoire franco-algérienne. Souvent présenté comme l’un des pères de la « littérature beur », Mehdi Charef a marqué plusieurs générations à travers ses romans et ses films, qui continueront de témoigner de l’histoire de l’exil, de l’identité et de la transmission.
