Après deux ans d’absence, Myriam Beldi signe un retour remarqué au Babour Sauvage à Paris. La chanteuse y présentait en avant-première son nouvel EP. Portée par des influences arabo-andalouses et des sonorités actuelles, elle affirme une direction artistique claire : moderniser le patrimoine musical algérien sans en perdre l’essence.
Une artiste qui fait respirer le chaâbi autrement
Il y a des artistes qui préservent le répertoire classique. D’autres choisissent de le transformer. Myriam Beldi suit une autre direction : proposer un chaâbi ouvert à de nouvelles sonorités sans en effacer les codes.
Au Babour Sauvage, le public parisien a retrouvé une artiste portée par une vision actuelle de la musique algérienne. Dans une ambiance chaleureuse et familiale, la chanteuse a dévoilé les contours d’un projet plus personnel. Le chaâbi y côtoie des influences contemporaines et des compositions originales. Aujourd’hui, Myriam Beldi affirme une identité artistique forte dans le paysage musical algérien.
Une héritière de la tradition arabo-andalouse
Issue d’une famille de mélomanes passionnés de musique arabo-andalouse, Myriam Beldi grandit dans un univers où la transmission musicale occupe une place essentielle.
À seulement six ans, elle assiste à un concert dirigé par Farid Bensarsa, celui qui deviendra plus tard son maître au sein de la prestigieuse école El Mossilia El Djazairia à Alger. Elle y apprend les fondements de la musique andalouse algérienne auprès de figures majeures comme Sid Ahmed Serri et Nassereddine Benmerabet.
Après une expérience professionnelle chez Air Algérie, elle choisit finalement de se consacrer pleinement à la musique.
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En 2001, elle sort son premier album Y’a Racha El Faten, avant d’enchaîner avec Nouba H’ssine, puis Nouba Zidane, enregistré à Paris après plusieurs années consacrées à sa famille.
Moderniser le chaâbi sans le dénaturer
Aujourd’hui, Myriam Beldi ouvre un nouveau chapitre artistique. Mais pour elle, il ne s’agit pas de “faire évoluer” le chaâbi.
« Je ne peux pas dire évoluer… je préfère dire moderniser », explique-t-elle.
Une nuance importante dans sa démarche artistique. Car l’artiste ne cherche pas à transformer l’essence du répertoire algérien traditionnel, mais à lui apporter de nouvelles textures sonores grâce à des instruments plus contemporains comme la guitare électrique ou la batterie.
Ses nouvelles compositions, inspirées du chaâbi, traduisent cette volonté de proposer une musique actuelle tout en restant fidèle à ses racines.
Français et darija : une ouverture assumée
Cette modernité passe également par l’écriture. Pour la première fois, Myriam Beldi mêle textes en français et en darija algérienne.
Une idée née après sa rencontre avec un producteur qui l’avait découverte sur scène lors d’une reprise de Mohamed El Badji.
« Il m’a dit : “Ce serait bien aussi de faire des textes en français pour élargir ton univers musical et toucher un plus grand public.” »
Elle accepte, mais pose immédiatement une condition : conserver la sonorité chaâbi.
Et c’est précisément ce qui donne aujourd’hui toute sa singularité à son projet. Chez Myriam Beldi, le français ne remplace jamais la tradition : il dialogue avec elle.
P’tit Moh, un directeur musical au cœur du projet
Sur scène, cette identité musicale prend tout son relief grâce à la présence de P’tit Moh et ses Matelots.
Une collaboration qui dépasse largement le simple cadre d’un projet collectif.
« À la base, P’tit Moh est mon musicien. Il fait partie de mon orchestre, c’est mon directeur musical », précise la chanteuse.
Ensemble, ils développent un univers où le chaâbi dialogue avec des influences urbaines et populaires algériennes.
Les prochaines dates de Myriam Beldi en Algérie
Après cette avant-première parisienne, Myriam Beldi poursuivra sa tournée en Algérie avec plusieurs concerts attendus :
- 17 juin : Constantine
- 18 juin : Oran
- 20 juin : Constantine
- 23 juin : Alger
Un retour artistique affirmé
La chanteuse poursuit aujourd’hui un travail centré sur la transmission et le renouvellement du patrimoine musical algérien. Son objectif reste le même : faire vivre ce répertoire dans son époque sans rompre le lien avec ses origines.

