Un an après la disparition de Mohamed Lakhdar-Hamina lors du Festival de Cannes, l’école de cinéma EICAR d’Ivry-sur-Seine a accueilli, samedi 23 mai 2026, une après-midi consacrée au cinéma algérien. Entre rétrospective, table ronde et émotion collective, un événement qui a rassemblé plusieurs générations autour d’un même héritage.
Un hommage un an jour pour jour
C’est dans l’une des salles de cinéma de l’EICAR – l’École Internationale de Création Audiovisuelle et de Réalisation d’Ivry-sur-Seine – que s’est tenu, ce jour-là de 14h à 17h, un événement aussi intime que symbolique. La journée était coorganisée par la Fédération Franco-Algérienne (FFA), représentée par sa présidente Karima Khatim, ainsi que par l’EICAR via Samah Benchao, responsable des partenariats institutionnels.
Le rendez-vous s’articulait autour d’un triptyque fort : « mémoire, résistance et renouveau ».
La date n’était pas anodine : le 23 mai marquait exactement un an après la disparition de Mohamed Lakhdar-Hamina, figure tutélaire du cinéma algérien et africain, emporté lors du Festival de Cannes 2025. Un an pour faire le bilan, raviver la mémoire, et envisager l’avenir.

Des personnalités venues de tous horizons
Dès l’ouverture, plusieurs prises de parole officielles ont donné le ton de la journée.
Le directeur de l’EICAR, Samah Benchao, Karima Khatim ainsi que Mehdi Messai, juriste, enseignant, entrepreneur, maire-adjoint de Stains et vice-président de la FFA, ont salué l’importance de cet hommage et de la mémoire cinématographique algérienne.
Dans la salle, la présence de grandes figures a contribué à rendre la journée mémorable. L’ex-footballeur du PSG et international algérien Mustapha Dahleb ainsi que l’acteur franco-algérien Samy Naceri comptaient parmi les invités d’honneur – un signal fort de la transversalité culturelle que le cinéma algérien incarne au-delà de ses propres frontières.
Nabil Djedouani ouvre le bal : 1896-1988, l’histoire retrouvée
La première partie de l’après-midi a été confiée à Nabil Djedouani, fondateur des Archives numériques du cinéma algérien, réalisateur et comédien. Maître de cérémonie autant qu’historien, il a animé une rétrospective du cinéma algérien de 1896 à 1988 – une plongée dans plus de 90 ans d’images, de résistance et de création, de l’ère coloniale aux premières décennies de l’indépendance.
Une intervention qui a rappelé l’ampleur d’un patrimoine souvent méconnu et posé les bases intellectuelles et émotionnelles pour la suite de la journée.
La table ronde : mémoire vive autour de Lakhdar-Hamina
Le cœur de l’après-midi s’est articulé autour d’une table ronde animée par Samah Benchao, réunissant des figures incontournables du cinéma algérien :
Ahmed Bedjaoui – critique cinéma et producteur, grande figure du cinéma algérien
Tewfik Fares – réalisateur, producteur et scénariste, l’un des pionniers du cinéma algérien indépendant
Malik Lakhdar-Hamina – réalisateur, scénariste et fils de Mohamed Lakhdar-Hamina
Karima Khatim – présidente de la Fédération Franco-Algérienne
Ensemble, ils sont revenus sur la mémoire de Mohamed Lakhdar-Hamina et sur l’héritage de son œuvre.
Ils ont notamment évoqué Chroniques des années de braises, Palme d’Or à Cannes en 1975 et seul film africain à avoir obtenu cette distinction à ce jour.
Les échanges ont également porté sur la transmission et sur les perspectives du cinéma algérien contemporain.
Des titres honorifiques pour clôturer en beauté
En clôture de la journée, Mehdi Messai a procédé à une remise de titres honorifiques aux intervenants de la table ronde. Un geste fort pour saluer l’engagement de ceux qui, depuis des décennies, portent et préservent le cinéma algérien.
Un moment solennel, empreint d’émotion et de reconnaissance, dans une atmosphère que tous les présents ont décrite comme profondément familiale.
Un cocktail au 7ème étage : Paris en toile de fond
Pour ne rien gâcher, l’après-midi s’est prolongé au 7ème étage de l’EICAR, avec une vue panoramique sur Paris et sa banlieue. Un cocktail de fin de journée dans la convivialité et la bonne humeur algérienne – comme pour rappeler que la culture, au fond, se vit aussi en dehors des salles et des estrades.
Une journée qui restera dans les mémoires : pour les échanges qu’elle a suscités, pour les visages qui s’y sont croisés, et pour la conviction partagée qu’il reste encore énormément à faire pour que le cinéma algérien prenne la place qu’il mérite – en Algérie, en France, et dans le monde.
Evénement co-organisé par la Fédération Franco-Algérienne (FFA) et l’EICAR – Ivry-sur-Seine, 23 mai 2026.
