La péniche du Babour Sauvage s’est muée, le temps d’une soirée, en caisse de résonance du chaâbi, le blues algérois, avec Kamel El Harrachi. Devant cent trente spectateurs, le compositeur interprète a livré un concert dense, entièrement dédié à cette musique populaire d’Alger. Le samedi 7 mars 2026, l’artiste a ainsi fait revivre, à Paris, un répertoire chargé d’histoire.
Sur les traces de Dahmane El Harrachi
« Le chaâbi, pour moi, c’est du classique, c’est du blues, du blues algérien », lance Kamel El Harrachi.
Pour lui, ce genre n’est pas qu’un héritage. C’est un écho de la peine et de la résilience, qui traverse le blues du Delta du Mississippi comme les ruelles d’Alger la Blanche.
Sur scène, il ne rend pas seulement hommage à un genre, mais à une filiation : celle de son père, Dahmane El Harrachi, voix majeure du chaâbi disparue en 1980, dont les chansons habitent encore la mémoire collective. En reprenant quelques-uns de ses titres, Kamel tisse un dialogue entre passé et présent, mais aussi entre là-bas et ici. Loin de la simple reprise, il cherche la juste distance, avec toujours cette gravité tranquille qui définit le chaâbi. On devine, derrière chaque extrait, un travail d’orfèvre et une volonté d’actualiser le répertoire sans en rompre la ligne mélodique. La salle comble dit le reste.
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Kamel El Harrachi : Un chaâbi-blues vivant sur scène
Dans cet espace discret du canal de l’Ourcq, un public fidèle a retrouvé le timbre familier d’une histoire qui s’écoute autant qu’elle se transmet. Parmi les morceaux joués, Ya Rayah s’impose comme un point d’orgue, un trait d’union entre la mémoire du père et la voix du fils. Kamel El Harrachi y affirme sa place avec une assurance tranquille, tout en veillant à ce que le souffle du chaâbi ne s’éteigne jamais. Mais, pour lui, le secret de ce genre musical reste insaisissable, presque légendaire, comme un mystère sacré que nul ne détient entièrement.
