Au cœur du rire parisien, l’autodérision à l’algérienne s’installe. L’écrivain Smaïl Chertouk a enfilé le costume d’humoriste, dimanche 8 février 2026, pour la première de son One Man Show L’Algérie, tu l’aimes ou tu la kiffes! organisé par le collectif Dayz. Un spectacle intimiste pour“se souvenir”du pays et ”rire ensemble” sur l’expérience de l’exil.
Le nouveau Fellag est né ! Son nom ? Smaïl Chertouk. Plus connu des lecteurs que des spectateurs de stand-up, l’auteur endosse pour la première fois la lumière crue de la scène. Loin des caricatures qui collent à la peau du stand-up français lorsqu’il est question de rire de l’Algérie, Smaïl Chertouk incarne avec punch et sans complexe son livre L’Algérie tu l’aimes ou tu la kiffes! Un show à la croisée des mots et des éclats de rire.

Un défi d’autant plus grand qu’il est osé sur les planches du célèbre théâtre Le République, à Paris. Pour l’occasion, c’est même près de 200 personnes qui se sont empressé de combler le parterre de cette institution du rire, dimanche 8 février 2026, à la grande surprise de l’humoriste lui-même.
«Je ne m’attendais pas à ce monde… Je pensais stresser davantage parce que c’est une première pour moi mais l’énergie de la salle m’a vraiment galvanisé », cède Smaïl Chertouk dans un détour.
Avec sa voix posée et son look d’ingénieur, l’écrivain ouvre le show, livre en main comme pour donner le ton… Avant d’abandonner très rapidement sa posture feutrée. Une heure durant, l’auteur – à peine reconverti en humoriste – enchaîne les sketchs à vive allure et avec une aisance déconcertante. Des jeunes algérois aux influenceuses beauté en passant par les anciens du village… Tout le monde en prend pour son grade.
Avec son punch inattendu, Smaïl Chertouk habite ses personnages, glisse d’une anecdote à l’autre. « Son jeu était bon, On n’aurait pas dit que c’était sa première ! », s’étonnent deux spectatrices au sortir de la salle. Un show rythmé par les mélodies oniriques de Jajajaja Band, comme pour guider l’humoriste dans ses souvenirs d’enfance à travers la chanson Blues El Bilad.
Une écriture fine sur l’expérience de l’exil
Entre deux élans du cœur et anecdotes sur sa Kabylie natale qui laissent la salle hilare, la fibre de l’écrivain reprend vite le dessus. À l’instar de ces petits précis de poésie algérienne récitée avec émotion, « celle qu’on nous a pas enseigné à l’école, quand j’étais jeune », témoigne Smaïl Chertouk sur scène.
« Si vous connaissez un Algérien, rien ne peut vous arriver… Mais si vous connaissez un Algérien, tout peut vous arriver ! » – Smaïl Chertouk
En physicien assumé, Smail reste fidèle à cette écriture décalée de matheux qui lui est propre. Quand les plongeons et autres manières des jeunes algérois à la plage lui évoquent, par exemple, des figures géométriques.

“Un spectacle pour rapprocher les peuples”
Un seul-en-scène qui est surtout question d’identité, de famille, d’appartenance. Dans le public, on rit, on hoche la tête avec complicité, on se reconnaît. « C’était plus que crédible, ça m’a rappelé mon enfance, plein de souvenirs… », avoue une spectatrice sortant du théâtre. Un autre semble lui répondre « je suis fransawi, mais je recommande à tout le monde et surtout les français qui n’aiment pas l’Algérie parce qu’ils ne la connaissent pas. C’est important de rapprocher les peuples ».
Le 29 mars 2026, le spectacle reprend du service pour « faire trembler les murs du République », sourit Smaïl Chertouk. Lui qui s’attend à une nouvelle adhésion du public algérien, avide de rire et de souvenirs mais aussi de lectures. L’Algérie tu l’aimes ou tu la kiffes! mais aussi Étrangers de souche ou encore Rupture Tranquille: guide amusé de la rupture amoureuse… Autant d’ouvrages disponibles à la librairie Aïcha, dans le 13e arrondissement de Paris.


