Immersion dans la mémoire culinaire algérienne, Un goût de mon Algérie raconte des souvenirs, des traditions et des émotions à travers chaque recette.
Publié aux éditions Albouraq, l’ouvrage de la consultante culinaire et cheffe Naciba Laribi met en lumière un patrimoine transmis de génération en génération, où chaque plat porte une histoire.
Face à l’immensité du patrimoine gastronomique national, elle choisit de raconter « son Algérie », celle de son enfance, de sa famille, de ses voisins et de toutes les personnes qui ont nourri sa mémoire culinaire au fil des années. Dès les premières pages, l’auteure assume son choix. « Je ne peux pas prétendre représenter toute la cuisine algérienne dans un livre », raconte-t-elle.

Un livre né de la peur de l’oubli
À l’origine du projet, la crainte de voir disparaître une mémoire culinaire, longtemps transmise par la parole et les gestes du quotidien. « J’ai peur d’oublier tout ce que j’ai appris. Je veux transmettre ces souvenirs, cette mémoire et ces émotions », explique Naciba Oudni Larbi.
La cheffe considère que ce livre de cuisine dépasse largement le cadre des recettes. Les techniques et les ingrédients sont aujourd’hui facilement accessibles. En revanche, les histoires familiales, les souvenirs d’enfance et les émotions liées aux plats restent beaucoup plus fragiles. C’est cette mémoire qu’elle a voulu préserver.
Avant la publication de cet ouvrage, Oudni Larbi avait déjà réuni une communauté fidèle sur les réseaux sociaux grâce à ses vidéos et aux rencontres culinaires qu’elle organisait autour des spécialités régionales. Encouragée par son public, elle décide de prolonger cette démarche par un livre consacré au patrimoine culinaire algérien. Les souvenirs y occupent une place aussi importante que les recettes.
L’ouvrage raconte l’origine des plats, leur lien avec les saisons, les traditions familiales et les souvenirs qu’ils réveillent. Elle décrit cette approche comme une « anthropologie culinaire ».
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Des recettes venues des différentes villes d’Algérie
Le choix des recettes reflète le parcours personnel de l’auteure. Tous les plats ont été cuisinés dans sa propre cuisine puis photographiés pour l’ouvrage. Née et ayant grandi à Alger, Naciba raconte avoir découvert une grande partie de la richesse culinaire algérienne grâce à son entourage. Dans une capitale où vivent des familles originaires de différentes régions du pays, les échanges de plats entre voisins ont constitué une précieuse école des saveurs. Chaque assiette reçue ouvrait une fenêtre sur une autre région et sur une autre histoire familiale.
Les débats autour de l’origine de certaines recettes lui paraissent aujourd’hui secondaires. Les influences ottomanes, berbères, méditerranéennes ou andalouses ont façonné la cuisine algérienne au fil des siècles, comme partout ailleurs dans le monde. Pour Naciba, ces plats appartiennent pleinement au patrimoine culinaire algérien.
« Quand je suis née, ces plats étaient déjà là. Ils font partie de notre histoire », insiste-t-elle.
Une esthétique sobre et authentique
L’univers visuel du livre prolonge cette volonté de transmission. La vaisselle, les objets anciens et les éléments de décoration proviennent de la collection personnelle de l’auteure. Chaque détail contribue à raconter une histoire et à recréer l’atmosphère des maisons algériennes.
Avec Un goût de mon Algérie, la cheffe rassemble des recettes authentiques accompagnées par les gestes, les paroles, les traditions familiales et la mémoire collective qui risqueraient de s’effacer. Au fil des pages, chaque plat devient un récit, chaque saveur un souvenir, et la cuisine une manière de raconter l’Algérie.


